Antananarivo, 20 Octobre, 9h45 – Un signal envoyé aux créanciers et investisseurs internationaux concernant la fiabilité et la solvabilité de l’État malgache. L’agence de notation S&P Global Ratings a placé vendredi à “B-/B” ses notes de crédit souverain à long et court terme en devises locales et étrangères attribuées à Madagascar. La Grande île est par ailleurs placée sous “CreditWatch”, c’est-à-dire sous surveillance, avec des implications négatives. S&P Global Ratings avait parallèlement revu à la baisse de « B » à « B-» son évaluation de transfert et de convertibilité de Madagascar.
Cette agence de notation avait attribué ces notes à Madagascar par rapport au contexte de ces derniers temps et l’incertitude entourant la transition politique et son impact élevé sur l’économie. S&P Global Ratings estime en effet que “l’instabilité actuelle entravera l’élaboration des politiques, du moins dans un avenir proche, pèsera sur les performances économiques et budgétaires, et pourrait limiter l’accès de Madagascar aux financements externes des donateurs officiels”.
Déjà la note basse de “B-/B” de Madagascar est dans la catégorie B qui est considérée comme “spéculative”. Ce qui indique que l’État malgache présente non seulement un risque de crédit élevé, mais que sa capacité à honorer ses obligations financières est également vulnérable aux conditions économiques défavorables.
Être sous “CreditWatch” avec implications négatives reflète pour sa part l’incertitude politique significative qui pourrait compromettre les perspectives de croissance de Madagascar, retarder les efforts d’assainissement budgétaire et restreindre l’accès au financement externe officiel. Cela pourrait affecter la volonté et la capacité du pays à honorer intégralement et ponctuellement ses obligations de dette commerciale, expose l’agence S&P. Or celle-ci identifie des facteurs de risque qui rendent ces notes susceptibles d’être encore abaissées.
“Nous pourrions confirmer les notes et les retirer du CreditWatch si la transition politique est fluide, la continuité administrative assurée, et l’accès au financement officiel maintenu, tout en continuant à assurer le service de ses obligations de dette commerciale”, avance alors l’agence S&P. Celle-ci prévoit de résoudre le placement sous CreditWatch de Madagascar au cours des trois prochains mois.
L’agence S&P soutient que “des retards dans l’accès aux financements extérieurs concessionnels et de projet sont possibles”, estimant que “le processus constitutionnel n’a pas été respecté lors des récents événements”. Elle rappelle l’approbation par le Fonds monétaire international (FMI) des deuxièmes revues de l’accord de Facilité élargie de Crédit (FEC) et de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD). Il y a également le fait que la Banque mondiale a approuvé la deuxième phase de son appui pour cette année. D’autres donateurs, tels que l’Union Européenne, la Banque africaine de développement (BAD) et les agences de développement japonaise et française, pourraient aussi choisir de reconsidérer leurs positions compte tenu des événements, note l’Agence.
Le fait que l’encours de la dette de Madagascar est faible et majoritairement concessionnel est néanmoins considéré par S&P comme point positif pour le pays, puisqu’il limite les risques. Cette agence indique que la dette extérieure de l’administration publique malgache représente plus de 80% de la dette totale et est principalement composée de dette multilatérale. La dette commerciale extérieure de Madagascar est également minime, note-t-elle.
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