Antananarivo, 26 Avril, 12h15 – La Jirama a lancé un appel d’offres international pour solliciter de la part des candidats intéressés des offres pour la fourniture de fuel lourd destiné à ses centrales thermiques fonctionnant avec ce produit pétrolier. Une démarche entreprise par la société d’État pour trouver des fournisseurs de fuel lourd autres que ses fournisseurs locaux habituels.
La Jirama est depuis un certain temps confrontée à un problème d’approvisionnement en carburants, dans les provinces au départ, mais c’est un problème qui a ensuite affecté la Capitale. Depuis quelques jours, la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité se dit contrainte de recourir au délestage tournant à cause de l’insuffisance de fuel lourd nécessaire à la production d’énergie sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo. La Jirama n’a pourtant pas expliqué les causes de ce problème, si celui-ci est en lien avec un problème de stockage ou s’il s’agit d’un rationnement de livraison effectué par ses fournisseurs.
Le lancement d’un appel d’offres à l’international pour la fourniture de fuel n’est pas une première. Cette démarche avait été déjà entreprise par la Jirama au mois de juillet 2022, dont le principal objectif était de trouver des «offres moins chères». Pour l’instant, ce sont encore ses fournisseurs locaux habituels qui continuent de l’approvisionner en duel lourd jusqu’à ce jour. Le ministre de l’Energie de l’époque avait d’ailleurs laissé entendre qu’approvisionner la Jirama n’était pas sans risque pour les opérateurs, compte tenu de la solvabilité de la compagnie nationale. Des négociations ont par exemple dû être menées avec les banques locales pour les convaincre à avoir confiance en la Jirama.
Bien que ce nouvel appel d’offres soit ouvert à tout le monde, Madagascar Oil qui produit localement du fuel ne sera pas de la partie. Au mois de mars de cette année, cette compagnie pétrolière avait été invitée à récupérer le reste du fuel qu’elle avait livré pour le test d’efficacité de son produit auprès d’une centrale à Mandroseza. « Une bonne quantité a été récupérée », d’après une source proche du dossier.
Les modalités de paiement de la Jirama et la clause de pénalité de Madagascar Oil avaient d’ailleurs été avancées par la compagnie pétrolière exploitant Tsimiroro pour expliquer le non aboutissement du contrat d’approvisionnement entre les deux parties. Madagascar Oil réalisait par ailleurs que sa production de 400 barils/jour soit 2000m3 par mois ne couvrira qu’une partie des besoins d’une centrale thermique à Mandroseza.
Madagascar Oil est quand-même parvenue à signer des contrats de vente et a procédé depuis ces signatures à la commercialisation de son fuel lourd auprès d’industriels opérant dans l’agroalimentaire, le textile ou encore la cimenterie dans la région de Vakinankaratra. Il s’agit selon cette compagnie d’un fuel de qualité « Premium », avec un faible teneur en soufre de 0,3%. Il réduit le coût de maintenance des moteurs et augmentera leur durée de fonctionnement et leur efficacité. Madagascar Oil estime également que l’utilisation de l’huile lourde de Tsimiroro permettra à ces entreprises de faire environ 25% d’économie sur leur achat de carburant.














