Johannesburg, 8 février (Xinhua) — L’Afrique du Sud a exprimé samedi ses préoccupations concernant un décret exécutif américain qui mettra fin à l’aide financière au pays, a annoncé le ministère des Relations internationales et de la Coopération (Dirco).
Le président américain Donald Trump a signé vendredi un décret coupant l’aide financière à l’Afrique du Sud, citant la désapprobation de sa politique foncière et accusant le pays de « saisir les biens agricoles de la minorité ethnique Afrikaner ». Cette décision intervient également au milieu de l’accusation de génocide lancée par l’Afrique du Sud contre Israël, allié de Washington, devant la Cour internationale de justice.
Selon les médias américains, les Etats-Unis ont alloué près de 440 millions de dollars à l’Afrique du Sud en 2023.
La dispute entre les deux pays a commencé plus tôt cette semaine lorsque Donald Trump a menacé de retirer les financements accordés par Washington à l’Afrique du Sud en raison de la Loi sur l’expropriation récemment signée, qui permet aux institutions publiques d’exproprier les terres dans l’intérêt public.
Selon un communiqué du Dirco, « il est particulièrement inquiétant de voir que les prémisses fondamentales de cette décision manquent de précision factuelle et ne reconnaissent pas l’histoire profonde et douloureuse du colonialisme et de l’apartheid en Afrique du Sud ».
« Nous sommes préoccupés par ce qui semble être une campagne de désinformation et de propagande visant à déformer notre grande nation. Il est décevant de voir que ce genre de récit semble avoir trouvé la faveur des décideurs aux Etats-Unis d’Amérique », ajoute le communiqué .
Le communiqué décrit également comme « ironique » le fait que le gouvernement américain offre le refuge aux Afrikaners, « les plus privilégiés », dans leur pays tout en déportant des personnes et demandeurs d’asile d’autres nations.
Dans le décret exécutif, l’administration américaine a souligné qu’elle ne pouvait pas soutenir les prétendues violations des droits de l’homme du gouvernement sud-africain et a ordonné à ses agences de cesser toute aide à l’Afrique du Sud tout en offrant un statut de réfugié aux agriculteurs afrikaners.
Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, avait rejeté lundi les allégations selon lesquelles la Loi sur l’expropriation visait à saisir des terres et a exprimé sa volonté de discuter avec l’administration Trump sur les politiques de réforme agraire et d’autres questions bilatérales.
Textes et photo d’illustration : Xinhua














