Presque tous les promoteurs de cuisson verte à Madagascar se sont regroupés au sein du Madagascar Clean Cooking Initiative (MCCI). La cuisson propre rassemble tous les modes de cuisson sensibles à la préservation de l’environnement tels que le biogaz, l’éthanol, le charbon écologique et autres. Le MCCI, soutenu notamment par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi), ambitionne de promouvoir la cuisson verte à Madagascar afin d’en finir avec l’utilisation du charbon de bois, polluant et destructeur de forêt. Son souhait est qu’en 2030, 20% des Malgaches utilisent la cuisson propre contre 5% actuellement. Un défi immense selon Lalanirina Rasoarimanga, secrétaire général du MCCI. Interview.
Les promoteurs de la cuisson verte sur la Grande île se regroupent.
Ils ont lancé, il y a quelques mois, le Madagascar Clean Cooking Initiative (MCCI).
Leur objectif: promouvoir les modes de cuissons sensibles à la préservation de l’environnement.
Cela inclut le biogaz, l’éthanol, le charbon écologique et autres.
Qu’est-ce que le MCCI ?
“Le MCCI (Madagascar Clean Cooking Initiative) est un acteur-clé créé il y a cinq mois. C’est une association qui regroupe les promoteurs de la cuisson propre à Madagascar. Elle rassemble actuellement 48 membres promoteurs éparpillés dans 13 régions de Madagascar”.
Quel est le véritable enjeu de la cuisson propre ?
“L’environnement est détruit, les forêts sont ravagées. Rien qu’à Antananarivo, on a besoin de 540 tonnes de charbon par jour. Le but de MCCI est d’apporter une alternative au charbon de bois pour les différents ménages”
Quel est alors l’objectif du MCCI ?
“Le défi est immense, car aujourd’hui il n’y a que 5% des Malgaches qui utilisent la cuisson propre. Le charbon écologique représente 1% et les autres modes de cuisson propre représentent 4%. Notre premier défi est d’atteindre 20%. Il faudra collaborer avec toutes les parties prenantes”
Que comptez-vous faire pour y arriver ?
“C’est l’Onudi qui nous a conseillé de créer l’association, de nous regrouper puis d’élaborer un plan stratégique. On a déjà réussi à mettre sur pied un plan stratégique dans les grandes lignes et qui est soutenu par l’Onudi. Depuis ces trois derniers mois, à partir de Juillet, le plan stratégique est développé et on dispose déjà d’un plan opérationnel pour un an”
Pensez-vous pouvoir changer les habitudes de consommation des Malgaches ?
“Le changement du comportement des consommateurs est le prochain grand défi. C’est très difficile pour nous Malgaches de changer d’habitude et de migrer vers quelque chose de nouveau. On ne pourra pas tout de suite débarrasser les Malgaches de l’habitude d’utiliser du charbon de bois ou du bois de chauffe mais au moins d’ici 2030 on espère réduire à 70% le taux d’utilisation du charbon de bois et que la cuisson propre atteigne au minimum 20%”
Le prix peut-il rivaliser avec celui du charbon de bois ?
“En termes de coût, lorsque la solution est faite main, le prix est moitié moins cher que celui du charbon de bois. Cependant, plus c’est industriel, soit plus de production, plus de taxe à payer, plus de coût de production, le prix va aussi augmenter. Donc le prix va se rapprocher du prix du charbon de bois et les ménages préfèreront continuer à utiliser du charbon de bois au lieu de la cuisson propre”.
L’Etat est-il associé à la démarche, pour quelles raisons ?
“Nous avons déjà réalisé un plaidoyer auprès de l’Etat mais nous allons le poursuivre, surtout en termes de taxe douanière qui est très élevée pour les promoteurs du clean cooking à Madagascar, de même pour la taxe sur les revenus. Nous demandons ainsi tout ce qui est exonération de ces taxes mais aussi toute forme de coopération afin de promouvoir le « clean cooking”.














