Antananarivo, 3 Novembre, 13h25 – « La plus vaste capitale francophone du monde aujourd’hui, […] n’est pas Paris mais Kinshasa ». Cet extrait du discours d’Emmanuel Macron, président français lors de l’inauguration de la Cité internationale de la langue française lundi, met en exergue, d’une seule phrase, le poids de toute la population francophone africaine. Il dit aussi, de manière simple et concise, qu’il a plus de francophones en Afrique que partout ailleurs dans le monde.
En Afrique, pourtant, et à Madagascar, entre autres, le français n’est pas exempt des traces vivaces laissées par la colonisation. Cette langue est originellement celle du colonisateur et donc est une langue de l’oppression. Mais les écrivains, notamment africains « en choisissant pour langue de leur création artistique le français, abolissent et continuent d’abolir le rapport subi, et l’anoblissent en retournant l’humiliation en fierté », poursuit le président français. Ce discours n’est pas sans rappeler l’œuvre de Rabearivelo, qui dans ses deux romans « Aube Rouge » et « L’Interférence », use du français comme d’une arme française retournée contre la France.
Le Français est la cinquième langue la plus parlée du monde. Cette langue tient une place primordiale à Madagascar où elle est l’une des deux langues officielles au même titre que le Malgache. Langue d’enseignement, langue de culture, langue administrative, le français est omniprésent à Madagascar. Des écrivains comme Jacques Rabemananjara, Michèle Rakotoson, Jean Luc Raharimanana ou encore Johary Ravaloson en ont fait leur langue d’écriture.
La Cité inaugurée ce 30 octobre au château de Villers-Cotterêts est un projet engagé en 2017 président français Emmanuel Macron. Le chantier, d’un montant total de 210 millions d’euros, s’étend sur 23 000 m² et a duré cinq ans. Institution culturelle dédiée à la langue française, cette « cité et non pas un musée », selon Emmanuel Macron, est destinée à être un lieu de vies, de rencontres, de loisirs et de savoirs où se tiendront des formations, des ateliers, des résidences d’artistes, des chercheurs, un auditorium et un laboratoire de technologie linguistique.
Photo : Cité internationale de la langue française














