Antananarivo, 30 Septembre, 6h15 – Samedi 28 septembre. Journée mondiale du droit à l’avortement sécurisé. Ou celui de pouvoir interrompre sa grossesse dans des conditions sécurisées. Le mouvement Nifin’Akanga organise un événement où des études, des recherches et des investigations réalisées par des médecins, des chercheurs ou encore des journalistes, mettent en avant les dangers liés à la pratique clandestine de l’avortement mais aussi leurs conséquences tragiques sur les femmes malgaches. Une pratique courante sachant que l’interruption de la grossesse, volontaire, thérapeutique ou médicale, constitue un délit sur la Grande ile.
Les travaux réalisés pour le mouvement Nifin’Akanga révèlent de nombreux obstacles légaux, médicaux et sociaux qui empêchent les femmes d’accéder à des soins sécurisés pour interrompre une grossesse non désirée. Les témoignages recueillis démontrent que face à une grossesse non désirée, de nombreuses femmes sont contraintes de recourir à des méthodes dangereuses, telles que les décoctions de plantes ou l’utilisation d’objets rudimentaires. Ces pratiques, non médicalisées et très risquées, engendrent fréquemment des complications qui peuvent s’avérer fatales.
Le mouvement Nifin’Akanga prévoit alors de soumettre une nouvelle proposition de loi lors de la prochaine session parlementaire. Une stratégie de plaidoyer est en cours pour sensibiliser les députés sur l’urgence de cette réforme, en s’appuyant sur les données et témoignages recueillis à travers les investigations.
Une proposition de loi soumise en 2021, visant à réformer l’article 117 du Code pénal pour dépénaliser l’interruption thérapeutique de la grossesse n’a pas abouti, gardée dans les tiroirs de l’Assemblée nationale. Pourtant, la nécessité d’une telle réforme est pressante, selon les militants de Nifin’akanga. Elle permettrait non seulement d’encadrer légalement l’avortement pour des raisons médicales, mais aussi de réduire les inégalités d’accès aux soins.
“Nous ne sommes ni pour ni contre l’avortement, mais nous voulons sauver des vies”, rappelle le Dr Lovatiana Andriamboavonjy, co-fondatrice de Nifin’Akanga. Celle-ci met en avant l’impossibilité pour de nombreuses femmes de jouir du “privilège de la légalité”, celui qui donne aux femmes aisées la possibilité d’aller se faire soigner dans des pays où l’avortement est légal. “Celles qui n’ont pas ce privilège se retrouvent piégées dans des pratiques risquées”, regrette-t-elle.
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