Antananarivo, 20 Septembre, 6h55 – « La Constitution doit être respectée », martèle Christian Ntsay. Et pour le Premier ministre, ce respect de la Loi fondamentale passe par la tenue de l’élection présidentielle à la date déjà prévue, c’est-à-dire au 9 novembre. « A partir du moment où le président de la République a démissionné conformément à la Constitution parce qu’il se porte candidat, nous sommes tenus d’organiser l’élection dans un délai de 60 jours », indique-t-il au cours d’une émission spéciale diffusée sur la chaîne de télévision publique mercredi soir. « Respecter la Constitution, c’est tenir l’élection 60 jours après la démission du président de la République. Ce sont deux choses intimement liées », ajoute-t-il.
Pour le Premier ministre, « il n’y a plus d’autres voies possibles, l’élection est la seule voie que nous devons emprunter », insiste-t-il. Il invite les acteurs politiques à « cesser toute forme de provocation, à arrêter d’appeler à des grèves avec des finalités politiques ou tout autre jeu malsain ». « Des gens qui prétendent vouloir diriger le pays ne devraient pas nourrir des troubles », lance-t-il à l’endroit du collectif des candidats qui dénoncent les décisions de la Haute cour constitutionnelle (HCC).
« Nous devons respecter la Constitution qui dit que le mandat du président est de cinq ans et qu’au bout de ces cinq ans, le choix doit revenir au peuple », poursuit encore Christian Ntsay. Celui-ci en appelle également au respect des institutions et des structures en charge de l’organisation de l’élection. « Il est de la responsabilité de tous de respecter la Haute cour constitutionnelle (HCC) et la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) », souligne-t-il. Il rappelle que « la décision de la HCC est insusceptible de recours », et que celle-ci a décidé conformément à la Constitution.
Christian Ntsay réagit également à la déclaration des ambassadeurs des sept pays avec lesquels il a eu un entretien mardi et qui ont soulevé que la « confiance dans ce processus est un élément fondamental pour l’acceptation par tous des résultats du scrutin et pour garantir la stabilité de Madagascar ». « Nous sommes d’accord sur la nécessité de respecter la Constitution et le calendrier électoral », indique le Premier ministre qui a rencontré les ambassadeurs signataires du communiqué, mardi.
Mardi, la HCC est revenue à la charge avec un communiqué expliquant ses décisions et défendant leur légalité. Celles-ci sont fortement critiquées par une dizaine de candidats à la présidentielle et un groupe d’organisations de la société civile qui dénoncent un non-respect de la Constitution avec la désignation du gouvernement pour assurer les fonctions d’intérim du chef de l’Etat. Le collectif des candidats, eux, évoquent même un coup d’état institutionnel.














