Antananarivo, 1er Août, 8h15 – “Sans l’engagement de l’Etat, pas seulement pour les déplacements aux Jeux Olympiques, mais dans la préparation, n’espérez pas de médailles”. Siteny Randrianasoloniaiko, sous son costume de président du Comité olympique malgache (COM), interpelle l’Etat sur la question de l’appui aux athlètes.
“Je remercie l’Etat pour son aide, mais c’est insuffisant. Cela ne constitue que 10% [de ce qu’il faut]. Aidons-les à 100%”, martèle-t-il au cours d’une petite cérémonie de remise de “primes” aux athlètes et à leurs coaches au Village olympique à Paris. Son allocution, diffusée en direct sur ses réseaux sociaux, entend sensibiliser les différents acteurs aux conditions des athlètes.
Dans sa déclaration, Siteny Randrianasoloniaiko “supplie l’Etat d’envoyer les athlètes à toutes les compétitions internationales pour leur permettre de glaner des points” et de se qualifier ainsi aux Jeux Olympiques. “La plupart de ces athlètes n’ont pas participé aux compétitions internationales” faute de moyens financiers, rappelle-t-il.
Le président du COM estime que “si les athlètes obtiennent des billets pour participer aux compétitions internationales pendant trois ans, Madagascar peut avoir jusqu’à 30 athlètes qualifiés aux Jeux Olympiques”. “C’est une question de quota. Avec 30 athlètes, nous pouvons aussi bénéficier de l’aide du CIO (Comité international olympique)”, poursuit-il.
Sur les sept athlètes malgaches aux JO de Paris 2024, un seul, Fabio Rakotoarimanana, a obtenu sa qualification directe en participant à un tournoi de qualification au Rwanda en mai 2024. La judokate Laura Rasoanaivo et l’haltérophile Rosina Randafiarison se sont qualifiées sur le quota continental. Laura Rasoanaivo fait partie des 12 judokates les mieux classées en Afrique tandis que Rosina Randafiarison a été la première athlète venant d’un continent différent de ceux des athlètes directement qualifiés dans sa catégorie.
Les quatre derniers athlètes, Sidonie Fiadanantsoa et Rija Vatomanga Gardiner en athlétisme, Holy Antsa Rabejaona et Jonathan Raharvel en natation, ont bénéficié de wildcard pour participer aux Jeux. Si la hurdleuse Sidonie Fiadanantsoa a pu participer à quelques compétitions internationales, dont les derniers championnats d’Afrique, elle n’a pas pu atteindre le minima requis pour se qualifier directement. Mais même pour ce dernier tournoi qualificatif aux Jeux Olympiques, la participation de la championne malgache ne s’est confirmée qu’au dernier moment. Expatrié, Rija Vatomanga Gardiner, lui, doit sa participation à un meilleur classement national dû aux points gagnés grâce à ses performances dans des championnats français.
Les deux nageurs olympiens de 2024, quant à eux, n’ont participé ni aux Jeux Africains ni aux championnats d’Afrique en 2023 malgré les appels lancés en ce sens. Boursière en Russie, Holy Antsa Rabejaona est venue aux championnats de Madagascar avec ses propres moyens. Jonathan Raharvel, lui, après son retour du Centre de haut niveau de la Fédération internationale de natation en Thaïlande, a été livré à lui-même à Madagascar malgré ses trois médailles d’or aux Jeux des îles.
Ces athlètes ont pourtant du potentiel, si l’on en croit Siteny Randrianasoloniaiko qui entend désormais se focaliser sur les prochains jeux de Los Angeles et “laisser le passé au passé”. Pour le président du COM, ils sont suffisamment jeunes pour pouvoir poursuivre leur carrière sportive dans le haut niveau.














