Antananarivo, 19 novembre, 9h50 – La contre-attaque s’organise. Des députés pro-régime montent au créneau pour fustiger le discours de Christine Razanamahasoa. « Nous, députés majoritaires, y compris les indépendants, condamnons et réfutons le discours de Madame la présidente de l’Assemblée nationale », assène Jocelyne Maxime, lisant une déclaration des parlementaires majoritaires à la Chambre basse, mercredi soir.
Jocelyne Maxime, entourée de députés issus du groupe parlementaire Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina (IRD), fustige l’initiative de la présidente de la Chambre basse. « Ce discours, qui cultive la déstabilisation de l’opinion et celle de la vie de la nation, est celui d’une seule personne. Il vise à la mise en place d’une co-gestion et d’une transition », estime-t-elle.
Pour les parlementaires majoritaires à Tsimbazaza, ce discours « n’a pas fait l’objet d’une concertation et ne reflète pas la position des députés majoritaires, et surtout celle de l’Assemblée nationale ». « En tant que législateurs, nous sommes jaloux du respect de l’ordre, la Constitution et les textes en vigueur. Nous nous demandons, Est-ce que Madame la présidente de l’Assemblée nationale est d’accord avec cela? », s’interroge Jocelyne Maxime.
La vice-présidente de l’Assemblée nationale rappelle la discipline à laquelle les membres, y compris Christine Razanamasoa, doivent se soumettre. « Nous rappelons qu’elle est élue sous les couleurs de l’IRD et ce sont les députés majoritaires issus de l’IRD qui l’avaient portée à la présidence de l’Assemblée nationale », prévient la secrétaire nationale du parti Tanora malaGasy Vonona (TGV). « Il existe des règles et une discipline qui régissent le parti », poursuit-elle.
Face au discours de Christine Razanamahasoa, les députés majoritaires à l’Assemblée nationale lancent un « appel pour le respect le processus électoral en cours prévu par la Constitution et les textes en vigueur ». « Le pouvoir appartient au peuple que nous représentons. Lui seul peut décider par le biais de l’élection (…) Nous condamnons toute velléité contraire à ce principe, qui vise la déstabilisation et la tenue de l’élection. Ce serait un danger pour la démocratie », affirme la déclaration lue par Jocelyne Maxime.
Christine Razanamahasoa, qui estime que le pays est dans une situation non définie et non pensée par le droit, dans « un impensé juridique » comme elle le qualifie, avait dit se mettre « en réserve de la République ». Elle avait alors proposé une « médiation parlementaire » lors de l’ouverture de la session mardi. A l’entendre, «les germes des provocations pour une guerre fratricide sont visibles et ne cessent pas de s’amplifier ».
La présidente de l’Assemblée nationale constate que « les normes morales et les normes universelles sont loin d’être remplies » et que la tenue d’une élection présidentielle dans les conditions actuelles (…) ouvre la voie vers une spirale de crises ». Et elle « exhorte la communauté internationale, face à l’urgence, à agir ».














