Antananarivo, 21 Mai, 19h45 – Une nouvelle étude sur l’impact de la présence des industries extractives publiée. Il s’agit d’une étude de Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) coordonné par Transparency International Initiative Madagascar et dont les résultats ont été disséminés vendredi à Antaninarenina. L’étude en question porte sur l’impact de la présence de l’industrie minière sur quatre groupes d’individus riverains de grandes exploitations, en l’occurrence Ambatovy, Toliara Sands et QMM et a porté sur les différentes phases de l’exploitation avant, pendant et après. Les groupes en question sont les jeunes de 18 à 24 ans sans handicap, les personnes en situation de handicap, les femmes sans handicap et enfin un groupe de référence, les hommes sans handicap.
Les résultats de l’étude ont démontré que “les hommes de plus de 25 ans et sans handicap bénéficient le plus de la présence de l’industrie minière par rapport aux trois autres groupes” étudiés. Les femmes et les jeunes sont moins avantagés tandis que “les personnes en situation de handicap ont tendance à être impactées encore plus négativement à tout point de vue”.
Sur le plan économique, si 76% des individus sondés ont indiqué une baisse de leurs revenus au cours des 12 derniers mois, du côté des handicapés, ils sont à hauteur de 82 % à avoir constaté cela. 31% d’entre eux imputent directement cette situation aux activités minières. Les raisons principales de l’impact négatif de l’industrie minière invoqué sont l’accès limité aux zones de pêche et à la forêt, la pollution de l’eau et du sol ou encore la diminution des récoltes.
Sur le plan de la santé, 46% des personnes handicapées, 35% des jeunes et 43% des femmes rapportent des impacts négatifs sur leur santé. 25% d’entre eux l’attribuent aux activités minières. D’après le rapport, les personnes sondés indiquent que “les impacts sur la santé sont multiples et touchent l’ensemble des membres des communautés minières, notamment les enfants et les femmes enceintes, bien que ces observations n’aient pas été consignées de manière statistique et systématique à ce jour”.
Enfin sur le plan social, une hausse des violences est constatée chez tous les groupes sondés. 48% des participants dénoncent un haut niveau de violence à proximité des sites miniers. Les violences sont principalement causées par la compétition pour les emplois (36%), l’afflux de migrants , les conflits de voisinage et sur le foncier, le manque d’emploi et la pauvreté , l’insécurité , la gestion des ressources naturelles et l’utilisation des revenus communaux, mais également la consommation d’alcool et de drogue.
Toujours d’après le rapport, l’étude a pour objectif de “démontrer la nécessité d’une réforme du cadre juridique régissant les industries extractives pour que ce dernier soit plus transparent et plus propice au contrôle citoyen et à la redevabilité du gouvernement”.
Photo : Transparency International Initiative Madagascar














