Antananarivo, 11 Octobre, 18h44 – « Nous nous posons des questions sur la santé mentale du président du Sénat ». Le communiqué des 14 sénateurs IRD ne va pas par quatre chemins pour justifier la demande d’une session extraordinaire au gouvernement. Les sénateurs ne lui reprochent pas seulement « un réel manque de maturité », mais l’accusent de « versatilité ». Autant de défauts qui font que « c’est difficile de penser qu’on aurait pu lui confier la direction du pays, les affaires nationales ne sont pas un jeu », souligne le communiqué lu par le sénateur Richard Ramanambitana après plus de deux heures de réunion. La session extraordinaire devrait ainsi permettre aux sénateurs « d’examiner les mesures à prendre dans les meilleurs délais » contre Herimanana Razafimahefa.
Dans leur communiqué, les sénateurs indiquent avoir fait des enquêtes à l’issue desquelles ils ont conclu que « tout ce qu’il [Herimanana Razafimahefa] a dit n’était pas fondé ». « Les responsables de la sécurité auprès du Sénat n’ont pas du tout été au courant d’une quelconque menace et aucune mesure n’a été prise pour renforcer sa sécurité et celle de sa famille », poursuit le communiqué pour réfuter qu’il y ait eu des menaces contre le président du Sénat.
Les sénateurs rappellent que « pas une seule fois il [Herimanana Razafimahefa] n’a confié aux sénateurs ni laissé entendre qu’il a écrit la lettre de renonciation sous la contrainte ». « Nous sommes étonnés qu’un mois plus tard il change complètement de discours en discutant sur une station étrangère en disant qu’il a pris la décision de renonciation parce que lui et sa famille ont fait l’objet de pressions et de menaces », insistent encore les sénateurs.
La déclaration de Herimanana Razafimahefa avait été diffusée sur France24 dans la nuit du lundi à mardi. Il avait notamment indiqué avoir renoncé au poste de chef d’Etat par intérim suite à « des pressions et des menaces provenaient de quelques membres du gouvernement ». Dès mardi dans la matinée, le gouvernement a nié les accusations du président du Sénat. Celui-ci, de son côté, s’est rendu à la Haute cour constitutionnelle (HCC) mardi après-midi pour y déposer une lettre indiquant sa volonté à assurer les fonctions présidentielles courantes. Le collectif des 11 candidats ainsi que l’opposition avait dénoncé depuis sa publication la décision de la HCC de confier l’intérim du chef de l’Etat au gouvernement de manière collégiale.
La prochaine session parlementaire de l’année est prévue ouvrir le mardi 17 octobre.














