Antananarivo, 3 Mai, 9h15 – “Pour la première fois, la situation de la liberté de la presse devient difficile à l’échelle mondiale”. Le ministère de la Communication et de la culture emprunte un extrait de l’analyse globale du classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) pour expliquer le score et la position occupée par Madagascar sur le même classement.
Le ministère met également en avant le recul de six pays sur dix, et les conditions difficiles voire très graves des conditions d’exercices du journalisme dans la moitié des pays du monde pour justifier que Madagascar soit classé 113ème contre la 100ème place du classement en 2024. “C’est dans ce contexte que le rang de Madagascar dans le classement mondial de la liberté de la presse 2025 établi par RSF a connu un recul de 13 places”, souligne-t-il dans un communiqué publié ce samedi.
Comme 111 pays sur 180, Madagascar voit donc son score régresser, passant de 54,07 à 50,8 sur 100. La moyenne mondiale, elle, est aussi passée au-dessous de 55, cette année, souligne RSF, avec près de 89 pays notés en dessous de 55. Comme Madagascar, 47 pays sont dans une situation difficile tandis que 42 autres sont dans une situation très grave, avec une “liberté de la presse totalement absente” et où “exercer le journalisme est particulièrement dangereux”.
Malgré cette baisse du score de Madagascar, le ministère en charge de la Communication insiste qu’à Madagascar, “aucun journaliste n’est injustement poursuivi et condamné du fait de ses activités professionnelles ni pour des délits de presse, ni pour des délits d’opinion”. Il martèle également “qu’à aucun moment les restrictions communément admises à la liberté d’expression ne sont utilisées de manière abusive par le Gouvernement pour restreindre la liberté de la presse”. Selon les notes attribuées par RSF, l’indicateur politique pour Madagascar connaît une baisse, passant de 41,99 en 2024 à 37,99 en 2025.
Insistant sur les indicateurs politiques de la liberté de la presse, le ministère n’évoque pas les indicateurs économiques, présentés par RSF comme étant l’obstacle numéro un à la liberté de la presse en Afrique. Dans son analyse globale de la situation de la liberté de la presse dans le monde, RSF souligne qu’au-delà des exactions physiques qui constituent l’aspect de le plus visible des atteintes à la liberté de la presse, ce sont les “pressions économiques, plus insidieuses, [qui constituent] une entrave majeure”. RSF évoque un “indicateur économique du classement mondial de la liberté de la presse [qui] continue de chuter et atteint un niveau critique inédit”.
Le score économique est le score le plus faible pour Madagascar. De 34,03 en 2024, il a continué à baisser jusqu’à 30,70 en 2025. C’est aussi sur cet indicateur que la Grande île est la plus mal classée : 145ème en 2024, 153ème en 2025. C’est d’ailleurs depuis que l’indicateur économique est intégré dans le calcul des notes que la Grande île a dégringolé sur le classement RSF en 2022. Depuis cette année où RSF a mis en place une nouvelle méthodologie de classement, l’indicateur économique de Madagascar s’est toujours trouvé dans la situation “très grave”, en dessous de 40 points.
A Madagascar, RSF rapporte un “niveau de concentration des médias qui crée des positions dominantes”. L’ONG évoque “la faiblesse de la manne publicitaire”, mais aussi des “salaires très faibles laissant les journalistes vulnérables à la corruption” et une “généralisation de la pratique du felaka”. A cela s’ajoute “le cumul d’emplois par certains reporters qui se retrouvent en situation de conflit d’intérêt en travaillant en parallèle auprès de responsables politiques”, ou encore “la tendance à l’autocensure principalement due aux lignes éditoriales imposées par les hommes politiques propriétaires des médias” et “l’interdiction de critiquer les annonceurs”.
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