Antananarivo, 17 Juin, 14h32 – Une opération qui pouvait être moins coûteuse. Mener la campagne de lutte antiacridienne 2021-2022 qui était prévue s’achever à la fin du mois de mai a nécessité pas moins de 7 millions de dollars, selon le représentant de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Mbuli Charles Boliko. Une telle enveloppe aurait pourtant suffit pour faire 8 à 9 ans de prévention, expose-t-il lors de la restitution des résultats d’évaluation de la campagne antiacridienne, mercredi.
La campagne de prévention ne devrait pas coûter plus de 800.000 dollars par an, souligne ce responsable de la FAO. Il indique avoir consulté des spécialistes avant de sortir ce chiffre. Pour permettre au plus de s’épargner des dépenses exorbitantes à l’avenir, Mbuli Charles Boliko interpelle sur la nécessité d’activer un bon système de prévention. « Il est également important pour le gouvernement de travailler avec tous ses partenaires pour trouver les moyens nécessaires afin de bien l’organiser », ajoute-t-il.
« Une bonne prévention permettra non seulement de dépenser moins mais devrait aussi permettre de mieux protéger l’environnement , la santé humaine et animale », poursuit-il. La FAO se dit disposée à poursuivre la formation et le recyclage des connaissances dispensés aux agents du Centre de lutte antiacridienne de Madagascar (IFVM).
Malgré les fonds alloués, les actions entreprises pour la campagne de lutte antiacridienne depuis le mois de novembre 2021 et prévu s’achever à la fin du mois de mai 2022 n’ont pas permis d’atteindre l’objectif d’une situation de rémission, regrette le représentant de la FAO. Il a toutefois éclairci les facteurs qui n’ont pas permis d’atteindre cet objectif.
Mbuli Charles Boliko parle d’abord de facteurs externes qui ne pouvaient pas être contrôlés, dont notamment deux cyclones qui ont perturbé les interventions. Il citait également des facteurs humains ainsi que des questions de procédures qui ont retardé l’arrivée des pesticides que Madagascar attendait du Maroc pour la poursuite du traitement. Les opérations vont donc s’étendre jusqu’à la fin du mois de juillet pour éviter la dégradation de la situation, nécessitant un financement additionnel.
« Nous avons toutefois la certitude que nous sommes seulement dans une situation de résurgence, et tout ce qui concerne une recrudescence ou une possible invasion sont conjurées », rassure-t-il. Mais « cela signifie que nous devons nous préparer à une autre campagne des maintenant pour être sûrs de ne pas être confrontés à une situation de recrudescence ou d’invasion l’année prochaine », a-t-il expliqué.
Le budget pour la prochaine campagne n’est pour le moment pas défini, selon Mbuli Charles Boliko. « Un document de projet est en conception pour être présenté aux bailleurs de fonds. C’est un travail qui sera mené avec le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (Minae) et l’IFVM. Le financement ne pourra pas venir avant que ce document soit prêt et bien ficelé », conclut-il.
Photo : Centre national de lutte anti-acridienne














