Antananarivo, 26 Mai, 17h05 – L’Inde, premier producteur mondial de sucre et deuxième exportateur après le Brésil, va imposer des restrictions sur ses exportations de sucre à partir du 1er Juin. Elle prévoit de limiter à 10 millions de tonnes les produits envoyés à l’étranger « en vue de maintenir la disponibilité intérieure et la stabilité des prix pendant la saison sucrière », précise un communiqué du gouvernement indien le 24 Mai.
La décision prise par l’Inde bouleversera le marché mondial, indique Andrianiaina Randriamiaramahefa, directeur du commerce intérieur au sein du ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation. L’offre au niveau du marché international va certainement diminuer, qui provoquera l’augmentation du prix, souligne ce responsable.
Il estime cependant que « pour Madagascar, l’impact ne sera pas important ». Le sucre vendu sur la Grande île provient principalement du Brésil, explique-t-il. Il rappelle également l’existence des sociétés de fabrication de sucre à Madagascar. Ces unités vont entrer en grande campagne de production dans quelques semaines, annonce-t-il pour rassurer le marché local. « Cela augmentera la production locale sur le marché, et aidera à maintenir les prix », ajoute-t-il.
Pour d’autres économistes, les risques que la décision indienne impacte Madagascar sont pourtant réels. A les entendre, plusieurs pays vont s’approvisionner au niveau des marchés qui sont encore ouverts, ce qui multipliera les demandes face à des offres réduites. Il est également possible que les pays producteurs décident de limiter à leur tour leurs exportations afin de protéger leurs réserves par précaution et réduire l’inflation.
Pour Madagascar, la consommation de sucre est estimée à 200.000 à 250.000 tonnes par an. La production locale tourne autour de 50.000 à 80.000 tonnes par an. Avant le sucre, l’Inde a déjà annoncé une interdiction d’exportation de son blé à la mi-Mai. Son objectif annoncé était notamment d’assurer la sécurité alimentaire de sa population.














