Antananarivo, 7 Juillet, 16h00 – Des conséquences économiques considérables. Les embouteillages ont un coût puisque rien qu’à Antananarivo, les pertes économiques qu’elles génèrent sont estimées à 40 millions de dollars par an, selon l’étude de la Banque mondiale sur le transport et la mobilité. Ces pertes représentent à elles seules 0,34% du PIB, et elles sont, selon cette institution de Bretton Woods, comparables aux pertes économiques subies par les États-Unis en raison de la congestion du trafic en 2018 qui était de 87 milliards de dollars soit 0,4% de leur PIB.
La Banque mondiale rapporte dans cette étude que la congestion du trafic d’Antananarivo classe la capitale malgache 134ème sur 150 grandes villes du monde, dans le classement mondial des villes les moins et les plus stressantes. Ce classement analyse une variété de mesures représentant la congestion, la pollution, les finances et les conditions de santé des habitants.
Dans la Capitale, les usagers des minibus passent en moyenne 46 minutes à bord du véhicule. « Si la vitesse moyenne de circulation libre est de 33,4 km/h la vitesse moyenne de fonctionnement de ces minibus pendant les heures de pointe est de 21,8km/h », expose l’étude. Ainsi, « les gens perdent en moyenne neuf minutes à cause des embouteillages » et « cela a une implication énorme sur l’économie dans son ensemble », note-t-elle.
La Banque mondiale estime à 1,6 millions le nombre de passagers qui recourent aux minibus pour leur déplacement. Aussi, « il est impératif de relever les principaux défis du transport urbain pour assurer l’accessibilité efficace et sûre des personnes et assurer une croissance urbaine durable à Madagascar », lance-t-elle dans cette étude.
Des dispositions ont été déjà prises, dont récemment l’application du nouveau plan de circulation à Andohan’Analakely qu’avait concocté la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Pour alléger les embouteillages, l’État avance également la construction d’un flyover à Anosizato. Le projet de transport par câbles fera également économiser des centaines de milliards d’ariary au pays, rassure le secrétariat d’État en charge des nouvelles villes et de habitat.
Pour la Banque mondiale, le gouvernement de Madagascar s’est en effet lancé dans plusieurs grands programmes de transport urbain, dépensant potentiellement des centaines de millions de dollars. « Mais ces investissements ont tendance à être fragmentés et moins coordonnés », remarque cette institution financière. « Une gouvernance publique forte dans la planification, l’allocation et la mise en œuvre des Investissements en infrastructures est nécessaire. Ce qui non seulement améliore l’efficacité et la viabilité budgétaires mais stimule également la stabilité macroéconomique et la croissance économique », conclut la Banque mondiale.














