Antananarivo, 24 Août, 7h10 – Un allié. C’est ce que Madagascar représente déjà pour l’Ukraine, en votant au mois de février la résolution de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour le retrait des troupes russes de ce pays, d’après son ambassadrice basée à Pretoria, Liubov Abravitova. Mais la Grande île, comme beaucoup d’autres pays, peut contribuer davantage à mettre fin à ce conflit, en adhérant au plan de paix du président Volodymyr Zelensky, avance cette diplomate ukrainienne, en marge d’une réunion à distance qu’elle a eue avec des ambassadeurs travaillant à Madagascar, mercredi.
Comme expliqué par l’ambassadrice Liubov Abravitova, le président Volodymyr Zelensky a proposé une formule à dix points destinée à ramener la paix. Son plan prend entre autres compte de la radiation et la sécurité nucléaire, la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique ou encore la justice. Madagascar peut se positionner dans l’ensemble des dix sujets contenus dans ce plan ou choisir le ou les domaines qui lui convient, avance la diplomate ukrainienne. Ce plan va d’ailleurs être discuté par des chefs d’Etat en marge d’un sommet mondial prévu se tenir à la fin de cette année, avec une participation éventuelle de Madagascar, lance-t-elle.
Pour l’heure, les autorités malgaches ont toujours insisté sur la neutralité de Madagascar par rapport au conflit russo-ukrainien. Elles avaient mis en avant une diplomatie d’ouverture encourageant les initiatives favorables à la promotion et à l’avènement d’une paix global et juste. Le ministre des Affaires étrangères, Yvette Sylla, avait déjà apporté des explications concernant les raisons qui ont motivé le vote de Madagascar sur la résolution de l’ONU pour le retrait des troupes russes de l’Ukraine. C’était une décision prise par la Grande île pour préserver la paix mondiale et pour l’intérêt national, avait-elle expliqué au mois de février.
Malgré cette posture de neutralité adoptée vis-à-vis de la guerre en Ukraine, Madagascar est loin d’être épargné des impacts de ce conflit. L’insécurité alimentaire en Afrique qui s’est déjà accrue avec plusieurs facteurs comme le Covid-19, la sécheresse et le changement climatique, s’est davantage accentuée avec cette invasion russe, regrette l’ambassadeur du Japon à Madagascar Abe Koji.
La décision de la Russie de ne pas renouveler la Black sea grain initiative (BSGI) compromet également l’approvisionnement en produits agricoles des marchés mondiaux, souligne l’ambassadrice des Etats-Unis, Claire Annette Pierangelo. Or, l’Ukraine est parmi les principaux fournisseurs du Programme alimentaire mondial (PAM) pour soutenir les opérations alimentaires dans les pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire comme Madagascar, rappelle la diplomate américaine.
Les ambassadeurs ayant participé à cette réunion virtuelle de mercredi continuent de condamner fermement l’invasion russe en Ukraine et disent vouloir continuer à coopérer étroitement avec la communauté internationale, dont Madagascar, pour y mettre fin. Plusieurs représentants de pays, à savoir l’Ukraine, le Japon, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Union Européenne, l’Allemagne et la France ont échangé durant cette réunion organisée en marge de la commémoration du 32ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, célébrée le 24 août.














