Antananarivo, 28 Novembre, 8h27 – Un risque à prendre en compte. Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) avance l’hypothèse d’une accélération de la dépréciation du taux de change, avec une éventuelle crise post-électorale qui pourrait découler des incertitudes liées aux conjonctures économiques et politiques du pays. Cette question de risque budgétaire lié aux taux de change est exposée par le MEF dans le Document budgétaire qu’il a annexé au projet de loi des Finances initiales (PLFI) 2024.
Cette accélération de la dépréciation de l’ariary, face notamment au dollar, avait déjà été enregistrée depuis le mois de décembre 2022 et sur les trois premiers trimestres de l’année 2023. En glissement annuel, la dépréciation de la monnaie nationale avait été de 11,5% au mois de décembre 2022 et de 10,5% au mois de juin de cette année contre respectivement 5,2% et 6,3% l’année précédente, rappelle le MEF. Le ministère de l’Economie note néanmoins une décélération de la dépréciation de l’ariary au mois d’août. Elle a été de 8,6% par rapport au dollar en glissement annuel, d’après ce département.
Le MEF avance des impacts mitigés sur les finances publiques de cette tendance de la monnaie nationale. Une dépréciation de l’ariary au-delà des taux de change prévus fera augmenter à la fois les services de la dette extérieure, le coût d’acquisition des biens d’équipement nécessaires aux investissements prévus et les factures d’achat de produits courants tels que le carburant et les fournitures importées, expose ce département.
Une appréciation de l’ariary diminue pour sa part la contrevaleur en monnaie nationale des entrées de devises, qu’il s’agisse d’investissements étrangers, de réserves, d’emprunts étrangers, d’aides étrangères, d’exportations ou de transferts. Cela risque, selon le MEF, de diminuer les ressources disponibles pour les paiements à effectuer en ariary.
Le ministère de l’Economie rappelle que le taux de change est déterminé par le prix d’équilibre sur le Marché interbancaire de devises (MID). Il dépend, en grande partie, du stock et de l’approvisionnement du MID en devise étrangère. La variation du stock de devise est, à son tour, très liée aux soldes des transactions courantes, explique encore le ministère.














