Antananarivo, 23 Août, 10h45 – Une catastrophe déclarée. Plus d’un demi-million de personnes à Gaza sont désormais piégées dans une famine caractérisée par la faim généralisée, la misère et des décès évitables, indique une nouvelle analyse de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) publiée le 22 août. Il s’agit de la première confirmation officielle d’une famine au Moyen-Orient, alors que la situation devrait encore s’aggraver dans les prochaines semaines.
Face à cette situation, quatre agences des Nations Unies, la FAO, l’Unicef, le PAM et OMS, ont lancé un appel conjoint réitérant l’urgence d’un cessez-le-feu et d’un accès humanitaire sans entrave. “La famine est désormais une réalité tragique pour les enfants à Gaza, et une menace imminente dans d’autres régions”, avertit Catherine Russell, directrice exécutive de l’Unicef.
Selon les projections, plus de 640 000 personnes pourraient se retrouver en situation de sécurité alimentaire “catastrophique” (IPC phase 5) d’ici fin septembre, tandis que 1,14 million seront en phase d’urgence (IPC 4) et près de 400 000 en phase de crise (IPC 3). Les conditions à Gaza-Nord sont estimées aussi sévères, voire pires, qu’à Gaza-Ville.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qualifie cette famine de “désastre provoqué par l’homme, une mise en accusation morale et un échec de l’humanité elle-même”. “La famine n’est pas une question de nourriture, c’est l’effondrement délibéré des systèmes nécessaires à la survie humaine”, ajoute-t-il.
Les responsables onusiens pointent également les obstacles à l’aide humanitaire. “C’est une famine à quelques centaines de mètres des stocks de nourriture, dans une terre fertile”, dénonce Tom Fletcher, coordinateur des secours d’urgence de l’ONU. Il évoque “une famine que nous avons annoncée à plusieurs reprises, mais que les médias internationaux n’ont pas pu couvrir”.
La détérioration rapide de la situation touche particulièrement les enfants. En juillet, plus de 12 000 cas de malnutrition aiguë ont été enregistrés, soit le chiffre mensuel le plus élevé jamais constaté dans le territoire, représentant une multiplication par six depuis le début de l’année. Près d’un enfant sur quatre souffre de malnutrition aiguë sévère. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, estime que la famine est le “résultat direct des politiques du gouvernement israélien”. Il rappelle que “c’est un crime de guerre d’utiliser la famine comme méthode de guerre”.
Face à cette situation, les responsables onusiens soulignent qu’un cessez-le-feu immédiat constitue désormais une nécessité vitale pour enrayer la famine à Gaza. “Un accès humanitaire total et un cessez-le-feu immédiat sont essentiels pour sauver des vies”, déclare Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, appelant à un afflux massif d’aide dans des conditions sûres. Catherine Russell, directrice exécutive de l’Unicef, ajoute que “sans cessez-le-feu immédiat et sans accès humanitaire complet, la famine s’étendra et davantage d’enfants mourront”.
Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, lui, martèle qu’“un cessez-le-feu est désormais un impératif absolu et moral”. Il souligne que même des maladies bénignes deviennent fatales dans un système de santé à bout de souffle. Il plaide alors pour que “Gaza soit approvisionnée d’urgence en nourriture et en médicaments pour sauver des vies et commencer à inverser la malnutrition”.
“Notre priorité doit être un accès sûr et durable à une aide alimentaire à grande échelle. L’accès à la nourriture n’est pas un privilège, c’est un droit humain fondamental”, insiste alors Qu Dongyu, directeur général de la FAO.
“Plus d’excuses. Le moment d’agir, ce n’est pas demain, c’est maintenant”, conclut António Guterres.














