Antananarivo, 10 Décembre, 11h 40- “Toute personne ayant perdu la nationalité malgache est, de plein droit, radiée des listes électorales et perd toute faculté d’éligibilité”. Le ministère de la Justice rappelle ce que les individus qui ne jouissent plus de la nationalité ne peuvent et ne doivent plus faire dans leur pays d’origine. Outre la perte de tout droit civique et politique sur le territoire de la République, ceux-ci ne peuvent “mener ni activité, ni manifestation, ni implication de nature politique sur le territoire de la République de Madagascar”, souligne le ministère dans un communiqué publié ce mercredi. “Toute immixtion ou ingérence dans les affaires internes d’un Etat dont on n’est plus ressortissant est formellement prohibée”, ajoute-t-il.
Le communiqué du ministère de la Justice intervient alors que l’invitation de l’ancien président de la République Andry Rajoelina au culte de lancement du processus de concertation nationale a soulevé la polémique. Le communiqué, sans le nommer, cible directement l’ancien chef d’Etat qui était annoncé comme “invité surprise” de la cérémonie de lancement de la concertation nationale par le quotidien L’Express de Madagascar. Pour le ministère de la Justice, celui-ci ne devrait plus s’impliquer dans les activités politiques du pays, et notamment au processus de dialogue national. Après son éviction du pouvoir, l’ancien président de la République a été déchu de la nationalité malgache par décret gouvernemental, signé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo.
Par ailleurs, pour tout déplacement à Madagascar, le ministère rappelle que le passeport malgache de celui qui perd la nationalité malgache est frappé de caducité, et ne peut donc plus être utilisé pour entrer sur le territoire malgache sous peine de sanctions pénales. “L’usage d’un document de voyage devenu invalide constitue une infraction d’une particulière gravité, assimilée à une fraude documentaire et à une usurpation d’identité”, lance le ministère. Il précise que cela expose à des “sanctions pénales incluant amendes, peines d’emprisonnement et interdiction d’entrée ou de séjour sur le territoire” malgache. Le ministère de la Justice assure alors que des mesures administratives, judiciaires et pénales seront immédiatement appliquées contre toute personne qui tenterait d’atterrir, d’accéder ou de séjourner en République de Madagascar au moyen de documents devenus caducs ou en violation des règles relatives à la nationalité”.
Mardi, deux membres du bureau du Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes avaient confirmé l’envoi d’une invitation à la cérémonie de lancement de la concertation nationale à Andry Rajoelina en sa qualité d’ancien président. Face au tollé soulevé par l’existence d’une invitation à laquelle l’ancien chef d’Etat n’a pas donné de réponse, le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication et de la culture, Fenosoa Ogascar Mandrindrarivony, dans une allocution diffusée sur la chaîne de télévision publique a infirmé toute invitation adressée à Andry Rajoelina. Le même discours a été tenu par l’un des quatre dirigeants du FFKM, le révérend Dr Denis Rakotozafy qui parle d’une “information fausse et infondée”. Dans une publication postée sur sa page Facebook, il assure que “les quatre chefs d’Église n’ont aucune connaissance d’une quelconque invitation de l’ancien président Andry Rajoelina, ne l’ont pas invité et ne sont nullement derrière la diffusion de l’invitation à son nom”.