Antananarivo, 15 Novembre, 20h15 – Il laissera des empreintes indélébiles sur le sport en général et sur l’athlétisme en particulier. Le décès d’Henri Roger, ancien président de la Fédération malgache de l’athlétisme (FMA) et ancien président du Comité olympique malgache (COM) ne laisse pas insensible le monde auquel il a tant donné.
« C’est le meilleur dirigeant sportif à Madagascar », lui reconnaît Sylvain Ranjalahy, journaliste sportif et cadre au sein de l’Express de Madagascar, dithyrambique sur Henri Roger et ses œuvres pour l’athlétisme. L’hommage résume à lui seul l’état d’esprit du milieu sportif après le décès d’Henri Roger lundi.
Sylvain Ranjalahy rappelle que l’ancien président du Comité national de coordination (CNC) de l’athlétisme et ancien président de la FMA avait « apporté des idées innovantes » pour le sport. « Il a introduit l’idée de sponsoring sportif » cite-t-il, entre autres. L’ancien dirigeant sportif avait également « mis en place le marathon de Tanà ».
Le journaliste sportif, qui avait côtoyé l’ancien président du COM, se souvient du retour de Madagascar dans les girons des compétitions internationales majeures dans les années 90. Il remémore la participation des athlètes malgaches aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et aux JO d’Atlanta en 1996 sous l’ère Henri Roger. Les athlètes sont qualifiés aux Jeux « en obtenant le minima », soit par le biais de leurs performances sportives et non par invitation, insiste Sylvain Ranjalahy « pour dire que l’athlétisme avait progressé » à l’époque.
Hery Rambeloson, directeur technique national (DTN) à la FMA partage le constat du journaliste sportif. « A notre époque, nous avons couru sur une piste en terre car il n’y avait pas encore de piste en tartan. Mais nous avons obtenu des résultats même si ceux-ci ne sont pas d’un niveau exceptionnel », raconte-t-il. « L’athlétisme n’avait pas régressé du tout », renchérit-il.
Des athlètes comme Lalao Robine Ravaonirina, Ony Paule Ratsimbazafy ou encore Toussaint Rabenala ont fait parler d’eux au niveau continental alors que les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) semblent assez petits pour eux. « Beaucoup d’athlètes ont pu briller à cette époque. Et j’en faisais partie », confirme Rosa Rakotozafy, directeur général des sports au sein du ministère de la Jeunesse et des sports. « Il [Henri Roger] avait une vision de sports pour tous (…) Il avait aidé pas mal d’athlètes. Il m’avait encore soutenu dans ma mission actuelle », poursuit-elle.
Humble, mesuré, Henri Roger avait quand même réussi à imposer une « discipline dans la gestion » de la discipline sportive qu’il affectionne. Son secrétaire général, à la FMA, Christian Razafimahefa, avait repris les flambeaux après son départ de la Fédération.
Siteny Randrianasoloniaiko, président du COM, « regrette » le décès d’Henri Roger. « Il aurait dû être récompensé par le Conseil international des jeux (CIJ) » durant les Jeux des îles de l’océan Indien programmés à Madagascar en 2023. « Déjà, il aurait dû l’être lors de la dernière édition [2019] mais il ne pouvait pas y aller. Il fait partie quand même des fondateurs des JIOI », rappelle le président de l’Union africaine de judo.
Le judoka profite de l’occasion pour souligner l’absence, ou le peu de reconnaissance pour les anciens athlètes et les dirigeants sportifs. « Beaucoup de gens ne connaissent ou ne souviennent pas de ces grands noms. Henri Roger n’en est pas le seul mais il y en a beaucoup. Il faudrait songer à consacrer par écrit ces histoires. Il faudrait que nos descendants connaissent notre histoire dans tous les domaines », invite Siteny Randrianasoloniaiko.
Photo : Ministère de la Jeunesse et des Sports














