Dans le cadre de son projet pilote d’institutionnalisation de la gestion des risques agricoles (GRA), la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM) a organisé, du 15 au 17 avril 2024 à Antananarivo, un atelier de formation au profit des organisations sélectionnées pour la mise en œuvre de la phase pilote.
Le projet d’institutionnalisation de la GRA consiste à intégrer la méthodologie de la PARM de gestion des risques agricoles dans les curricula des universités et dans les pratiques du secteur privé afin de pérenniser l’impact des formations de la PARM. Pour la mise en œuvre de sa phase pilote, trois organisations ont été sélectionnées à Madagascar: (i) le Centre d’Appui et de Formation Professionnelle Agricole (CAFPA) d’Antsirabe ; (ii) la Société Malagasy Mutualiste d’Epargne et de Crédit Mutuali (SMMEC) ; (iii) et l’Université d’Itasy (travaillant en collaboration avec l’Université d’Antananarivo). Ces organisations vont développer un programme de master (axé sur l’agroécologie, la biodiversité et le changement climatique) et deux cours spécialisés en GRA ont un pour les jeunes entrepreneurs (18-24 ans) et un autre pour les institutions de microfinance.
Des outils qui répondent aux besoins du pays
Au total, 23 experts techniques de ces organisations ont vu leurs capacités renforcées sur l’évaluation et la hiérarchisation des risques agricoles, les outils de gestion des risques agricoles selon l’approche holistique de la PARM et avec une perspective de genre ainsi que l’élaboration d’un matériel de formation en GRA en adaptant le matériel élaboré par la PARM aux besoins du public visé (étudiants, fermiers, institutions de microfinance).
Les vingt trois participants, dont certains connectés à partir d’Antsirabe, n’ont pas caché leur satisfaction après les trois jours d’atelier. “La formation permet d’améliorer les offres d’enseignement que les enseignants apportent à l’Université en matière de GRA”, a souligné la Pr Volatsara Rahetlah, Responsable de la mention agroécologie, biodiversité et changement climatique à l’Ecole supérieure des sciences agronomiques de l’Université d’Antananarivo. Elle estime avoir pu récolter pendant les trois jours d’atelier, des outils répondant aux besoins du pays et dont elle pourra se servir dans le cadre de ses activités d’enseignement.
Andrianjaka Andrianomenjanahary, Directeur des opérations de la SMMEC a estimé également avoir pu collecter des éléments à transmettre aux clients de son institution de microfinance en vue de réduire les risques d’investissements agricoles. “Nos agents introduisent dans leur stratégie de développement une formation spécialisée pour leurs clients afin que ceux-ci puissent avoir les outils leur permettant de faire face aux risques du changement climatique”, a-t-il souligné.
Outre le renforcement de capacités offert par la PARM, une séance d’échanges d’expériences avec des entités homologues venant du Burkina Faso a aussi eu lieu pendant les trois de la formation. A noter que le Burkina Faso est aussi bénéficiaire de la mise en œuvre du même projet pilote d’institutionnalisation de la GRA. Une initiative innovante permettant ainsi une coopération sud-sud.
En raison de l’importance de cette initiative de la PARM, le Directeur Pays du FIDA Madagascar, Rostand Joseph Olinga Biwole, le représentant de la Directrice FIDA Burkina Faso, Celestin Poda ainsi que le point focal de la PARM auprès du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage (MINAE) malgache, Razoeliarisoa Adéline, ont activement pris part à l’atelier.
La PARM est une plateforme hébergée par le FIDA et financée par l’AFD, l’UE, la Coopération Italienne et le FIDA même. Elle a été créée en 2013 sur initiative du G20 pour passer d’une gestion des catastrophes à une gestion intelligente des risques agricoles pour réduire l’insécurité alimentaire.














