Antananarivo, 1er Juin, 15h05 – Une chute de la croissance est à prévoir cette année. Elle sera même réduite de moitié, passant d’une prévision initiale de 5,4% avancée par la Banque centrale à 2,6%. Une situation qui résulte de l’impact combiné d’une troisième vague de la Covid-19, d’une série de tempêtes tropicales majeures et de l’escalade du conflit en Ukraine, d’après ce qui est évoqué dans la Note sur les perspectives économiques de Madagascar, publiée ce mercredi.
Parallèlement, le taux d’inflation va également s’accélérer à 7,5% contre une prévision de 6,3%. Le déficit budgétaire et du compte courant se creuse aussi à environ 6% du PIB. Tous ces paramètres combinés feront que le taux de pauvreté restera proche du sommet historique de 81% en 2020 d’après ce document.
Madagascar devra affronter l’impact de la crise en Ukraine sur son économie. « L’aggravation de la crise énergétique en Europe aura un effet important puisque la révision à la baisse des protections de croissance de la zone euro à elle seule devrait réduire la croissance de la Grande île », explique la Banque mondiale. Au-delà des facteurs conjoncturels, le déclin de l’investissement privé s’ajoute aux facteurs bloquant le potentiel de croissance.
Face aux nouveaux chocs et incertitudes, Madagascar doit entreprendre des réformes audacieuses pour accélérer sa croissance et renforcer sa résilience. « C’est une nécessité pour réduire la pauvreté dans les années à venir », a déclaré la responsable des opérations de la Banque mondiale, Marie-Chantal Uwanyiligira.
Cette institution financière avance alors des pistes qu’elle juge prioritaire. A commencer par la mise en œuvre d’une stratégie claire permettant d’accélérer la vaccination des personnes vulnérables et celles dans les zones cibles comme les zones urbaines et touristiques. Le pays doit également prendre des mesures fortes pour la réduction de l’insécurité alimentaire et pour l’augmentation de la production agricole nationale. La restauration des services publics et les infrastructures de connectivité endommagées est également essentiel. Tout comme les réformes de la tarification du carburant et de l’électricité.
Madagascar devra néanmoins espérer un redressement avec un taux de croissance de 4,2% en 2023, soutenu par un modeste rebond des dépenses de consommation et de l’investissement privé. La reprise attendue de l’activité économique contribuera à faire baisser le taux de pauvreté à 80,2% en 2023.














