Antananarivo, 6 Août, 20h45 – Ajustement. Le Comité monétaire de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), dans le cadre de la revue trimestrielle de la politique monétaire, décide de relever ses taux des facilités permanentes. Le taux de facilités de dépôt (FDD) fixé à 9% lors de la précédente revue augmente à 9,5%. Le taux des facilités de prêt marginal (FPM) passe pour sa part de 11% à 11,50%.
C’est ainsi à 9,5% que sera rémunéré le placement pour les banques qui déposent leurs excédents de liquidités auprès de la BFM. Inversement, pour leur besoin de liquidité, l’intérêt que va tirer la banque centrale de leurs emprunts sera de 11,5%. L’objectif de ces instruments du marché monétaire, comme l’indique la BFM, consiste à stabiliser les taux d’intérêt à court terme et à transmettre le signal par rapport à l’orientation de la politique monétaire.
La BFM indique avoir pris cette décision afin de juguler la tension inflationniste qui sévit. L’autorité monétaire fait part d’une persistance de l’inflation depuis le début de l’année. Aussi, « les conditions monétaires restrictives liées à une gestion prudente de la demande par BFM sont de mise, si un nouvel équilibre n’est pas atteint », soutient la BFM
Des partenaires techniques et financiers de Madagascar semblent favorables à la poursuite d’une politique monétaire restrictive. La Banque africaine de développement (BAD) avait soutenu par exemple que celle-ci devrait permettre de réduire l’inflation à Madagascar à 8,1% cette année. Et une telle décision devrait encore faire baisser ce taux d’inflation du pays à 7,5% en 2025, d’après ce qu’avait avancé cette institution dans sa note sur les Perspectives économiques en Afrique 2024, présentée à fin mai.
L’ancien représentant du Fonds monétaire international à Madagascar (FMI), avait également soutenu que la prudence est de mise pour les banques centrales. Et ce, en soutenant que « les banques centrales devraient éviter d’assouplir prématurément leur politique monétaire et s’opposer aux attentes trop optimistes du marché en matière de baisse de taux ».
La BFM espère que la réalisation de projets d’investissements publics et privés permettra la relance des activités et le rétablissement de l’offre globale. Elle se dit prête à ajuster ses instruments de politique monétaire si la situation s’améliore.














