Antananarivo, 17 octobre, 17h20 – Une sortie remarquée. Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale dresse un tableau peu reluisant de la situation qui prévaut à Madagascar. Elle réclame en même temps plus d’implication des partenaires techniques et financiers de la Grande île et affirme son engagement pour une «médiation parlementaire».
« J’exhorte la communauté internationale, face à l’urgence, à agir », lance Le président de la Chambre basse dans son discours d’ouverture de la session parlementaire, mardi à Tsimbazaza. «Je sais et je suis convaincue que vos constats respectifs rejoignent les nôtres, sur certains domaines et secteurs vous êtes dissuasifs, le temps n’est plus à la diplomatie», argue-t-elle. «Les germes des provocations pour une guerre fratricide sont visibles et ne cessent pas de s’amplifier, votre responsabilité respective est aussi engagée plus que la nôtre », prévient-elle.
Christine Razanamahasoa propose en même temps une « médiation parlementaire » à l’Assemblée nationale. « Nous allons mettre en place un espace de dialogue avec la participation de tous les députés », suggère celle qui se met « à la disposition de la République » pour l’initiative.
La présidente de la Chambre basse voit l’institution qu’elle dirige, un cadre « légal et légitime » pour agir. « Dans les prochains jours, les consultations de toutes les forces seront nécessaires. Les consultations et les échanges de vues avec les pays amis de Madagascar se feront. Et l’entente et la collaboration constructive avec les forces de l’ordre seront établies », suggère-t-elle.
La présidente de l’Assemblée nationale lance également un message aux acteurs politiques. «A l’heure actuelle, on vit dans un impensé juridique. Il vaut mieux prévenir que guérir », constate-t-elle, soulignant l’« intransigeance des uns et des autres », évoquant « un bloc de candidats présidentiels face à un président sortant ».
Pour Christine Razanahamasoa, « dire que dans les conditions actuelles, seule la consultation du peuple par la voie des urnes est l’unique solution, alors que les normes morales et les normes universelles sont loin d’être remplies, ouvre la voie vers une spirale de crises ». Dans son constat, elle déplore « notre pays [qui] va mal », une « démocratie qui se dégrade fortement » alors que « notre population souffre de nos insuffisances et de nos incompétences ».
Sollicité par les journalistes, le Premier ministre Christian Ntsay, n’a pas fait de déclaration. « Le dialogue c’est toujours ce qu’il faut favoriser. Cela veut dire l’écoute et la tolérance », assure pour sa part Arnaud Guillois, ambassadeur de France, qui renvoie au communiqué des «partenaires internationaux de Madagascar » de lundi qui expriment leur « préoccupation » concernant le « climat politique tendu » dans la Grande île.
Fixé initialement pour le 9 novembre, le premier tour de la présidentielle est reporté au 16 novembre. Le collectif des candidats réclame l’« assainissement de l’aire de jeu », selon Brunelle Razafintsiandraofa, entre autres, pour la disqualification du candidat et président sortant Andry Rajoelina, la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la mise en place d’une Commission électorale spéciale (CES). Le candidat Andry Rajoelina veut « aller jusqu’au bout » du processus électoral en cours et voit de la « jalousie » et de la « haine » derrière les revendications.















