La relance économique ne se décrète pas, elle se construit sur le socle de la confiance. C’est le plaidoyer porté par le président du Syndicat des industries de Madagascar (Sim), Tiana Rasamimanana lors des Assises pour la relance économique, mardi. Cette dynamique repose, selon lui, sur une stabilité pérenne du cadre réglementaire, l’accroissement durable de la compétitivité et, surtout, le passage effectif de la décision à l’exécution.
Le constat est partagé par la Banque mondiale, dont le représentant résident à Madagascar, Atou Seck, a souligné l’importance de la sécurisation de l’environnement des affaires. Il note que “les entreprises sont prêtes à investir”. Mais c’est conditionné par la stabilité, la clarté et la prévisibilité des cadres juridiques et règlementaires en place. “C’est un enjeu critique : aucun investisseur ne prendra de risques si les règles du jeu changent chaque année. Ils ont besoin de prévisibilité pour prospérer”, expose-t-il.
Pour garantir la stabilité, l’Etat s’assure que l’action publique s’inscrit dans la durée, au-delà des aléas, rassure le secrétaire général du ministère de l’Economie et des finances, Iouri Garisse Razafindrakoto. “Nous donnons l’assurance que les alternances de personnes ne remettront en cause ni la stratégie, ni les plans de l’État. Les engagements pris seront maintenus et pleinement mis en œuvre”, lance-t-il.
Cette prévisibilité serait d’ailleurs un des leviers centraux des appuis budgétaires apportés par la Banque mondiale pour soutenir les réformes structurelles du pays. L’Etat aura donc à s’attaquer à sa mission première qui est de bâtir l’environnement favorable au développement du secteur privé. Ce qui suppose de lever les contraintes structurelles qui freinent l’investissement privé, la productivité et la croissance des entreprises, avance Atou Seck. Et pour lui, énergie, transports, numérique et formation sont les leviers indissociables de la croissance.
Pour le SIM, il restera comme condition nécessaire et primordiale d’avoir des infrastructures de transport adéquat et une énergie disponible. “Je me permets d’affirmer que la mise en place de ces deux conditions peut être pleinement confiée au secteur privé, qui assurera aussi bien la construction que la gestion. Le rôle de l’État sera de mettre en place les règles du jeu et d’en assurer son effectivité”, lance son président Tiana Rasamimanana.
Un point de vigilance lié au contexte récent doit par ailleurs être considéré. Le passage du cyclone Gezani a mis en lumière la vulnérabilité du tissu productif du pays face au choc climatique, en perturbant les chaînes d’approvisionnement, les capacités de production et l’organisation de travail dans plusieurs régions. Aussi, le président du SIM plaide pour que la relance intègre le jeu de résilience, renforce la continuité des activités, sécurise les infrastructures productives et logistique et préserve l’emploi afin d’assurer une reprise durable.