Toamasina, 20 Février, 11h20 – Choc de garanties bancaires, souffle fiscal pour sortir de l’asphyxie après le cyclone Gezani. C’est entre autres les propositions dans le catalogue de solutions opérationnelles que les entrepreneurs de Toamasina avancent pour relancer la machine économique sur place. Ces membres du secteur privé en avaient discuté lors de leur rencontre avec le représentant résident de la Banque mondiale, Atou Seck, dans la ville du Grand Port mercredi.
Pour la Chambre de commerce et d’industrie de Toamasina (CCIT), un des initiateurs de cette rencontre, l’attente majeure est celle d’un cadre de dialogue avec les bailleurs de fonds. Cet organisme, chargé de représenter les intérêts des entreprises, mise sur un partenariat de relance immédiat et pragmatique. En affirmant que le secteur privé est prêt et mobilisé, la CCIT positionne les opérateurs non pas comme des assistés, mais comme des acteurs proactifs qui n’attendent que le signal et les moyens techniques pour redémarrer la machine économique.
Des leviers stratégiques avaient alors été mis sur la table, dont le premier consiste en des soutiens financiers et des mécanismes de garantie bancaire. Certains opérateurs ayant participé à cette rencontre indiquaient ne pas solliciter de simples subventions mais des outils financiers structurants pour pallier une fragilité extrême due à cette catastrophe. Des exportateurs, membres du Groupement des exportateurs de litchis, ainsi que les banques locales s’accordent sur la nécessité d’une intervention de la Banque mondiale via des dispositifs de contre garantie. Cette approche permettrait de protéger la qualité du portefeuille bancaire, tout en offrant aux opérateurs le souffle nécessaire pour rembourser leurs engagements.
La survie du tissu économique passe également par un soutien direct au pouvoir d’achat des employés et à la trésorerie des ménages, d’après ce qu’a soutenu un membre du Groupement des entreprises de Toamasina (GEPAT). Des représentants des entreprises et des DRH préconisent un plaidoyer auprès de l’État pour obtenir des exonérations fiscales temporaires, notamment sur l’impôt sur les revenus salariaux (Irsa). Cette mesure d’urgence permettrait aux familles de consacrer leurs ressources à la reconstruction de leurs foyers, selon leurs explications.
Les opérateurs touristiques réclament pour leur part un plan de sauvetage des sites détruits et une relance agressive de la promotion de la destination. L’objectif est de restaurer l’attractivité de Toamasina pour que les opérateurs ne soient pas oubliés dans l’effort de reconstruction nationale.
La Banque mondiale soutient, de son côté, que le relèvement économique et la préservation de l’emploi sont essentiels pour une reprise durable. Cette rencontre avait alors permis à cette institution financière de collecter les besoins des entreprises afin de calibrer ses appuis au secteur privé dans une logique de reconstruction résiliente.