Antananarivo, 28 Juin, 6h50 – Le document cadre finalisé. Après une longue période de consultations et d’échanges avec les acteurs publics et privés du secteur financier, la feuille de route pour le développement du marché des capitaux à Madagascar est élaborée. Ce document donne le fil conducteur des travaux pour parvenir à un marché libre, profond et transparent et qui permettra au pays de bénéficier des avantages inhérents à l’existence d’un marché financier moderne et efficace, explique le gouverneur de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo, lors d’une table ronde ayant réuni les acteurs impliqués dans ce projet, lundi.
C’est la Société financière internationale (SFI) du groupe de la Banque mondiale qui avait été mandatée par le ministère de l’Economie et des finances (MEF) et la BFM pour réaliser cette feuille de route. Elle devait avancer les recommandations sur ce que Madagascar doit faire sur le court, le moyen et le long terme pour développer les marchés des capitaux, a indiqué la représentante de cette institution financière, Marcelle Ayo.
Plusieurs recommandations y sont formulées, notamment pour le développement de l’épargne institutionnelle qui doit être canalisée, à travers le marché des capitaux, vers des investissements productifs, comme le logement, les infrastructures ou le financement des PME. Le document avance également la nécessité d’améliorer le crédit de l’Etat pour pouvoir développer l’offre de titres financiers sur le marché des capitaux, et de donner aux investisseurs des actifs dans lesquels investir.
La feuille de route recommande aussi l’établissement d’une autorité de régulation et de surveillance de marchés et le développement des intermédiaires financiers pour créer de l’activité et garantir le bon fonctionnement du marché et la protection des investisseurs qui y participent. Les informations sur le fonctionnement de ce marché sont par ailleurs indispensables.
Il est en tout cas crucial pour Madagascar d’avancer de manière décisive et résolue, tout en veillant à entreprendre les étapes de base dans la mise en place des socles et fondamentaux du marché financier reprend le gouverneur de la BFM, Aivo Andrianarivelo. Et la Grande île a beaucoup à gagner avec les marchés de capitaux, insiste-t-il.
Ce marché permettra entre autres à l’Etat de réduire sa dépendance vis-à-vis de la dette extérieure et offrira en même temps un financement en monnaie locale. Les entreprises y trouveront également leur compte, en ayant accès à des financements qui vont au-delà des limites de ce que les banques commerciales peuvent leur proposer.
« Nous ne pouvons pas satisfaire en totalité les besoins des entreprises à Madagascar avec les limites de financements qui nous est imposé. Aussi nous voyons le marché des capitaux comme une alternative et une ouverture pour développer l’économie malgache », lance le directeur général du BNI Madagascar, Alexandre Mey. Les banques seraient alors, selon lui, très attentifs et très intéressés par ce projet de marché de capitaux qui va ouvrir de nouvelles perspectives en matière de financement pour les entreprises.
Ces banques indiquent pouvoir s’organiser pour aider ou s’associer avec des partenaires techniques dans une introduction en bourse ou une émission obligataire. Elles pourraient aussi, à travers leur réseau de distribution, donner la possibilité de distribuer les actions. Et ces banques, à travers des partenariats avec des prestataires ou en interne pourraient assurer la fonction de dépositaires qui permettraient la gestion des titres.
Marcelle Ayo de la SFI avance par ailleurs des ressources qui peuvent alimenter le marché des capitaux. Elle énumère celles des institutionnels, comme les compagnies d’assurance qui ont beaucoup de liquidités, les fonds de pensions ou encore les liquidités des ménages qui sont non négligeables. Elles vont permettre aux entreprises de diversifier leurs sources d’accès au financement, a-t-elle conclu.














