Antananarivo, 22 Avril, 6h15 – « Vous êtes aussi des Malgaches ». Les mots sont du président de la République Andry Rajoelina alors qu’il a célébré l’Eid El Fitr, la fête qui marque la fin du Ramadan avec la communauté musulmane à Ambodivona ce vendredi. « Je suis de tout cœur avec vous et je suis heureux d’être là », lance le chef de l’Etat.
S’adressant à l’assistance, le chef de l’Etat a souligné l’importance du vivre ensemble, de la fraternité et du respect de chaque religion qui compose la société malgache. « Nous respectons votre foi, nous prions le même Dieu et nous sommes tous des fils de Dieu », explique le président de la République.
C’est d’ailleurs au nom du respect de chaque religion que l’Etat a décidé d’instaurer des jours fériés, chômés mais payés pour les fêtes de l’Eid, rappelle Andry Rajoelina. « Tout comme des jours sont aussi fériés pour d’autres religions. Je crois en le respect et en la diversité des religions, je crois en la tolérance et en la force de la foi », poursuit-il.
La présence du président de la République à la fête de l’Eid El Fitr ce vendredi a particulièrement ravi la communauté musulmane. C’est d’ailleurs une première dans l’histoire de Madagascar selon les autorités islamiques de l’île. « La journée d’aujourd’hui sera écrite à l’encre d’or car c’est la première fois dans l’histoire de la Nation que la fête de la Eid El Fitr et celle de la Eid Al Adha sont décrétés jours fériés et payés, et c’est la première fois qu’un chef d’Etat vient assister et faire honneur de sa présence cette fête », déclare Abdoul Hady, président de Fikambanan’ny Silamo Malagasy. « On est heureux et honoré par cela car cela veut dire qu’on n’est plus mis à l’écart », ajoute-t-il.
« Cela traduit votre proximité avec tout le peuple malgache. A travers ce geste apprécié vous exprimer votre solidarité envers nous tous qui avons observé le jeune du Ramadan », ajoute pour sa part Elyachroutu Mohamed, ambassadeur de l’Union des Comores et doyen du corps diplomatique malgache. Lui même musulman.
L’appel à la fraternité, l’unité et le partage a aussi été au centre du discours du père Pedro Opeka, lui aussi invité et présent à la cérémonie. « Dieu n’apprécie pas qu’il y ait des enfants, des frères et des sœurs dans le besoin et pourtant personne ne les aident », prêche-t-il. « Dieu n’apprécie pas qu’on ignore les petits et les juste ou encore les familles nombreuses en difficultés, Dieu veut qu’on soit leurs garants », insiste le prêtre.
« Dieu souhaite qu’on aime notre prochain, celui qui est pauvre », ajoute-t-il encore. Le fondateur de l’Akamasoa n’a ainsi pas manqué de reconnaitre les œuvres œuvres caritatives et de la communauté musulmane et l’aide que celle-ci offre aux démunis. Il l’en a remerciée durant son allocution.
Vers la fin de la cérémonie officielle, la communauté musulmane a tenu a offrir des présents au président de la République. Parmi les cadeaux figurent un Saint Coran et des versets coraniques inscrits dans des cadres.














