Rapatriement de citoyens français et européens via l’île de La Réunion. Rapatriement envisagé de citoyens comoriens retenus à Madagascar. Rapatriement demandé par des Malgaches attardés «outre-mer», Andafin’ny Riaka. Depuis les premiers charters, qui ont exfiltré Européens et Américains de la ville de Wuhan en Chine sans qu’on sache encore si cette mesure «humanitaire» n’est pas l’origine de la propagation mondiale de la Covid-19, tout le monde s’est redécouvert une nationalité, un pays, un chez-soi.
En ces colonnes, «Les bien grands mots ont fait pschiiit» : Ces «citoyens du monde», établis en Chine pour sa prospérité et son dynamisme, mais qui, dès la première alerte, ont ressuscité leur passeport d’étranger pour se faire rapatrier chez eux (…) Dans une mondialisation qui s’était auto-proclamée «sans frontières», comment oublier que les visas d’entrée furent promptement exigés ? (…) L’espace «sans frontières» par excellence, le «Schengen» de l’Europe, a implosé. Une implosion paradoxale, systolique. Chaque pays a redécouvert la vertu de la bonne vieille frontière. Derrière, et à l’abri de ce «Terminus», c’est un confinement schizophrénique : fermeture des frontières sur la «nation», fermeture de chaque porte sur la maisonnée (ANTRANONKALA, 17 mars 2020).
On apprend que La Réunion commande 500.000 masques par semaine dont 50.000 en tissu proviennent de Madagascar. Explication : Madagascar est la solution de proximité. Si La Réunion avait les moyens de produire elle-même ces masques (FFP2, chirurgicaux ou grand public), nul doute que les commandes se feraient encore au plus court que proximité : localement. Proximité : une antinomie congénitale à mondialisation.
L’Europe, qui s’était retrouvée fort dépourvue quand la bise du coronavirus fut venue, veut relocaliser. Rupture de thermomètres, pénurie de matière première pour les gels hydroalcooliques. La dépendance occidentale aux «usines du monde» est telle que 80% des principes de médicaments sont produits en Chine et en Inde.
Une étude m’apprend que la délocalisation était intéressante tant que les économies d’échelle et de main d’oeuvre dépassaient les coûts de transport. Je retiens le mot de «transport», un maître-mot de la mondialisation depuis que les caravelles de Christophe Colomb sont parties chercher le plus court chemin vers l’Inde pour finalement «découvrir» les Caraïbes. Sauf que, «quand le vieux Magellan découvrit le détroit, il y avait des enfants qui s’y baignaient déjà» (la sagesse populaire chez Michel Sardou).
Transports renchéris, production locale, commandes à proximité : nos matières premières, qui s’exportaient sans valeur ajoutée, ont là leur chance manufacture. À commencer par les plantes médicinales dont Madagascar est la pharmacie.














