Il y a plus de 60 ans, des œuvres d’art naquirent au bout du pinceau d’un jeune photographe, Roland Ramaherinarivo Raparivo. Depuis ces premières toiles, l’artiste ne s’est plus arrêté de peindre.
Roland Raparivo est sans doute l’un des plus grands artistes plasticiens de Madagascar. Il commence sa carrière en tant que photographe au sein du studio Hova. C’est là qu’il se familiarise avec les couleurs et la lumière, en immortalisant les images en noir et blanc ou en couleurs. Outre les prises de vue destinées aux clients du studio, il a également confectionné des cartes postales qu’il vendait auprès des marins d’Antsiranana. Puis, « il a commencé à peindre sur des toiles pour décoration », confie son fils, Tiana Raparivo.
En 1960, Roland Raparivo se lance dans la production de vrais tableaux. Mais c’est sa rencontre à Antsiranana avec Le Lay, un Français sortant des beaux-arts de Paris, qui sera décisive pour sa carrière. Impressionné par le talent du jeune peintre malgache qui, sans formation, peint de belles choses, l’artiste français décide de le prendre sous son aile. Il lui offre un apprentissage des techniques de base, et quand il doit revenir en France, lui confie son matériel de peinture et tous ses supports.
Flambeau
C’est Le Lay qui apprend à Roland Raparivo à utiliser puis à maîtriser « les couteaux à peinture », une technique d’huile sur toile réalisé au couteau. Il enchaîne les expositions et ses œuvres sont un succès. Son talent lui vaudra son élection à la présidence du comité provincial d’Antananarivo des arts plastiques (KPAHEB). Pour ses 60 ans de carrière, il accède au grade de Grand officier de l’ordre national.
En plus d’être peintre, portant haut le flambeau de l’art malgache, et contributeur inégalé au développement de l’art plastique sur la Grande île, Roland Raparivo est aussi un témoin incontesté de l’histoire de Madagascar. Né en février 1934, ce peintre a vécu les événements de 1947 dans sa chair. Pendant 18 mois, il s’est réfugié à Moramanga avec les membres de sa famille.
Après plusieurs mois de fuite, il reprend ses études en 1949 dans la capitale. Mais le statut de son père, comptable, emprisonné suite à l’affaire 1947 rend difficile son intégration. Se sentant comme un fardeau pour sa famille dont il est l’aîné d’une fratrie de cinq, il décide de faire preuve d’indépendance et de prendre sa vie en main. Il se marie à 20 ans, en 1954 et ne cessera jamais de faire de la peinture.














