Tedros Adhanom Ghebreyesus à Kinshasa. Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est arrivé mardi en République démocratique du Congo (RDC), où l’épidémie d’Ebola s’intensifie, a indiqué un représentant de l’organisation mercredi. Il est censé s’entretenir mercredi avec le Président congolais Félix Tshisekedi durant ce séjour.
La visite du directeur général de l’OMS intervient après que l’OMS avait alerté samedi sur la flambée de l’épidémie qui « s’intensifie à un rythme exceptionnel », et appelé à une montée en puissance de la réponse sanitaire. Les derniers bilans officiels font état d’un total de 3.874 cas confirmés, dont 1.751 décès, signalés par les autorités de la RDC depuis le début de l’épidémie.
« L’épidémie continue malheureusement de se propager à un rythme qui dépasse les capacités de réponse », a, par ailleurs, déclaré mardi un porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, lors d’un point de presse à Genève. Celui-ci a réclamé « davantage de soutien financier » et de ressources pour renforcer notamment « les capacités de traitement, les équipes d’enquête sur le terrain, les équipes chargées des enterrements sûrs ».
Le patron de l’OMS s’était déjà rendu fin mai dans l’Ituri (nord-est), foyer de l’épidémie actuelle, où près de 90% des cas ont été signalés. La RDC a déclaré le 15 mai avec plusieurs semaines de retard une 17ème épidémie d’Ebola frappant son immense territoire de plus de 100 millions d’habitants. L’épidémie la plus meurtrière qu’a connue le pays avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés entre 2018 et 2020.
La flambée actuelle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n’existe jusqu’à présent ni vaccin, ni traitement. Elle frappe des régions où la présence de l’Etat est fragile et les infrastructures de santé largement démunies. L’épidémie en cours s’est propagée ces deux derniers mois à cinq provinces de la RDC (l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo).
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Mardi, le Canada a autorisé le géant pharmaceutique américain Moderna à lancer des essais cliniques pour un vaccin contre la souche Bundibugyo d’Ebola. Le vaccin présenté par l’OMS comme « le plus prometteur », le « rVSV Bundibugyo », va également être développé par Hilleman Laboratories, basé à Singapour.
AFP














