Antananarivo, 23 Octobre, 11h55 – Les évêques catholiques prennent position sur la proposition de loi relative à l’interruption thérapeutique de grossesse déposée en début de semaine par la députée Masy Goulamaly, élue dans le district de Tsihombe. Dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires publiée vendredi, ils estiment que le texte soumis au Parlement est « un projet de loi sur l’avortement », et ils invitent les députés et les sénateurs à « ne pas se laisser distraire par des questions de vocabulaire ». Pour les évêques, les termes « interruption thérapeutique de grossesse » qu’ils prennent soin de ne pas évoquer dans la lettre, constituent une « façon avec laquelle s’incrustent les idées destructrices véhiculées par l’idéologie occidentale ».
Dans la missive lue par Mgr Marie-Fabien Raharilamboniaina, évêque de Morondava et président de la Conférence épiscopale pour la santé (CES), les évêques reviennent sur le caractère sacré de la vie. Ils soulignent que « la vie qui se forme dans le ventre d’une mère est un humain à quelle étape que ce soit de la grossesse ». Pour eux, la proposition de loi actuellement soumise au Parlement autorise les mères à tuer leurs enfants. Or, insistent-ils, « les enfants sont sacrés, qu’ils aient été prévus ou pas, qu’ils aient été accidentels ou désirés ».
« La proposition de loi porte sur l’interruption thérapeutique de grossesse (ITG) et non sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) », précise pour sa part Masy Goulamaly, l’élue de Tsihombe. « La proposition de loi sur l’interruption thérapeutique de grossesse est uniquement basée sur des questions médicales », explique-t-elle. Elle donne l’exemple d’une femme qui, pour des raisons de santé, ne peut mener à terme sa grossesse au risque de perdre la vie. « Les médecins peuvent alors lui suggérer d’interrompre sa grossesse pour préserver sa santé. Or, la loi en vigueur à Madagascar interdit cette interruption de grossesse pour des raisons médicales », ajoute la député qui regrette les confusions autour des deux expressions ITG et IVG.
Le président de l’ordre national des médecins, le Dr Eric Naivolala Andrianasolo, dans ses publications sur les réseaux sociaux, donne l’exemple des grossesses extra-utérines. « Une grossesse extra-utérine est une grossesse et une intervention pour l’interrompre est interdite par la loi », argumente-t-il. « L’article 317 du Code pénal ne distingue pas l’ITG de l’IVG », poursuit-il, expliquant en quoi la proposition de loi devrait être adoptée. L’article 28 de la loi 2017-043 va même plus loin en ajoutant que « toute personne physique qui aura pratiqué l’interruption de la grossesse pour motif médical au mépris des conditions prévues par la loi sera punie par les peines prévues par le Code pénal article 317 ».














