Antananarivo, 11 Novembre, 7h30 – Le secteur des industries extractives devrait connaître une récession de 4,5 % en 2025, selon les données du document de performance du projet de loi de finances. Cette baisse s’explique principalement par des conditions météorologiques défavorables ayant retardé plusieurs exploitations à travers le pays. À cela s’ajoute un excédent d’offres sur le marché international, qui a entraîné une chute des cours mondiaux des principaux minerais exportés. Ces facteurs combinés ont contribué à fragiliser la performance globale du secteur, pourtant stratégique pour l’économie nationale.
Les exportations de produits miniers et minéraux ont fortement reculé au cours des huit premiers mois de 2025. En volume, la baisse atteint 17,7 % et en valeur 13,2 % par rapport à la même période de 2024. Ce ralentissement concerne notamment les produits phares du pays comme le graphite, le cobalt, le nickel et les minerais de titane. Les retards d’exploitation dus à la météo et la volatilité des prix internationaux ont pesé lourdement sur les recettes d’exportation, limitant les retombées économiques attendues pour l’État et les opérateurs.
Le graphite subit aussi la plus forte contraction. En 2025, 49 026 tonnes ont été exportées contre 59 011 tonnes l’année précédente, soit une baisse de 16,9 % en volume et de 16,4 % en valeur. Cette contre-performance est liée au redémarrage tardif des exploitations de Sahamamy et de Vatomina, ainsi qu’à des conditions météorologiques défavorables ayant perturbé l’extraction et le transport. Ces retards illustrent la vulnérabilité de la filière face aux aléas climatiques et à la dépendance vis-à-vis de quelques sites d’exploitation majeurs.
Les autres minerais affichent également des résultats contrastés. Le nickel enregistre une légère hausse des volumes exportés (+4,6 %), mais voit sa valeur diminuer de 8,2 % sous l’effet de la baisse continue des prix mondiaux. Le cobalt, de son côté, recule de 13,6 % en volume et de 4,6 % en valeur, tandis que les minerais de titane chutent de 8,9 % en volume et de 6,9 % en valeur. Ces chiffres traduisent un affaiblissement généralisé du secteur extractif, confronté à un environnement international incertain et à des défis internes persistants en matière d’exploitation et d’infrastructure.














