Est-ce que la gendarmerie accomplit vraiment son travail ? La question a été soulevée de différentes manières durant une conférence-débat qui a eu lieu le 2 avril à la bibliothèque nationale, dans le cadre de la célébration de la journée de la gendarmerie nationale. Une occasion pour les citoyens présents, de lancer des piques ou des fleurs à l’endroit des hommes en béret noir.
Mais c’était surtout une manière pour les gendarmes de se rapprocher de la population afin de regagner sa confiance. La sécurité et la corruption figuraient parmi les grands points qui ont été abordés.
C’était l’une des rares occasions où les citoyens avaient la possibilité de poser des questions directement aux hauts responsables de la gendarmerie nationale. Premiers témoins de l’insécurité et de la corruption émanant des hommes en béret noir, ils ont profité de ce moment pour demander des comptes. Les responsables de la gendarmerie, eux, ont profité de la tribune pour s’expliquer.
Interpellé sur l’insécurité qui règne aussi bien en ville que dans les campagnes, le secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie nationale (SEG), le Général Richard Ravalomanana, a martelé « concentrer tous les efforts de son département sur le rétablissement de la sécurité ». « Notre but est de faire en sorte que ce ne soit plus la population qui craint les bandits mais le contraire », a-t-il assuré.
À entendre le Général Richard Ravalomanana, les actions auraient déjà porté leurs fruits. « Depuis ma prise de fonction, le nombre de kidnappings a largement diminué », a-t-il soulevé. Malgré cet optimisme, les enlèvements n’ont pourtant pas complètement cessé. Ils ont même commencé à frapper d’autres catégories de personnes. Aux rapts des hommes d’affaires d’origine indienne se sont ajouté les enlèvements perpétrés par les « dahalo » dans les villages ou encore de simples employés en échange de rançon.
Les gendarmes étant parfois accusés d’être impliqués dans des affaires « louches », dont beaucoup sont assimilées à la corruption, le SEG a insisté que « la gendarmerie n’est pas un repaire de bandits ». Sans donner de chiffres, il a mis en avant la détention de certains bérets noirs accusés ou condamnés de crimes et de délits, notamment de corruption. « Un officier qui a commis un viol a été libéré mais cela n’est pas de notre ressort », a-t-il tenu à préciser.
Les résultats de la dernière enquête Afrobaromètre, place les gendarmes parmi le trio de tête des corporations perçues comme étant les plus corrompues. La méfiance de la population envers les gendarmes est telle que la question n’a pas manqué d’être soulevée lors de la conférence. Les concours d’entrée dans les écoles de la gendarmerie, où les suspicions de corruption sont nombreuses, ont été également pointés du doigt.
Si le SEG n’a pas nié cette réalité, le commandant de la gendarmerie nationale, le général de division Njatoarisoa Andrianjanaka, a tenu à éclaircir un point important. « Quand on parle de concours d’entrée pour devenir des élèves gendarmes, ceux qui ont des diplômes de licence ou master se plaignent souvent de ne pas être reçus, alors que les candidats de niveau 3ème réussissent. Il faut que vous sachiez que ce concours est de niveau 3ème, et ceux qui ont des diplômes élevés peuvent ne pas maîtriser les sujets demandés. On ne peut pas soupçonner des corruptions à chaque fois », conclut-il.














