Antananarivo, 13 Mai, 17h20 – Un gros coût infligé à la nature. Les 48 lémuriens et le millier de tortues de Madagascar saisis dernièrement en Thaïlande pourraient valoir plus de 3 millions de dollars, soit l’équivalent de plus de 14 milliards d’ariary. Mais au-delà de ces chiffres avancés, le trafic de ces espèces constitue un préjudice écologique incommensurable, soutient le directeur général de la Douane, Ernest Zafivanona Lainkana, ce lundi.
Selon le numéro un de l’administration douanière, la démarche pour rapatrier ces espèces volées dans un parc naturel à Manombo a déjà été entamée. Étant d’ailleurs endémiques, ces animaux ne peuvent vivre que dans leur environnement naturel uniquement. « Aussi, bien que leur rapatriement relève de la compétence du ministère de l’Environnement et du développement durable, la Douane participe et contribue à son niveau aux démarches pour rapatrier ces espèces, qui devrait se faire incessamment », assure-t-il.
Pour ce qui est du démantèlement du réseau derrière ce trafic, six suspects avaient déjà été appréhendés par les autorités thaïlandaises dans un hôtel du sous-district de Khun Krating, dans la province de Chumphon, au 1er mai. Neuf personnes, de nationalité étrangère et malgache, avaient pour leur part été déférées au Pôle anti-corruption (PAC) ce lundi. Trois autres, soupçonnées d’être impliquées également dans ce trafic sont toujours recherchées et un avis de recherche est actuellement émis à leur encontre, indique le directeur général de la Douane.
Le PAC est déjà ainsi sur cette affaire. Sa procureure, Elysée Rasoahanta, indique cependant qu’il faudra du temps pour étudier le dossier et délimiter en détail le degré des implications des personnes suspectées. Elle indique néanmoins qu’il s’agit de « crime », passible de peines d’emprisonnement d’au moins cinq ans.
Deux infractions annexes sont par ailleurs liées à cette affaire. Ernest Zafivanona Lainkana parle de suspicion de blanchiment d’argent, c’est-à-dire l’argent en espèce utilisé par les présumés trafiquants pour financer l’opération en vue de se procurer ces animaux. Il y parle également de l’infraction environnementale qui est de la compétence du ministère de l’Environnement et du développement durable.
Pour la police thaïlandaise, il s’agit de « la plus grande saisie d’espèces sauvages en une seule arrestation ». Des organismes environnementaux, à l’instar de la WWF Madagascar, avaient appelé à « une enquête approfondie sur l’origine de ce trafic pour identifier et punir les personnes impliquées dans la collecte et l’expédition de ces animaux sur le sol malgache »
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