Le président français Emmanuel Macron annonce ce lundi l’arraisonnement dans l’océan Atlantique d’un pétrolier sous sanctions internationales en provenance de la Russie. Selon la France, le bâtiment en question avait changé de pavillon à plusieurs reprises au cours de ses activités, et avait déjà arboré le pavillon de Madagascar, mais aussi ceux des Îles Marshall, du Panama et plus récemment du Cameroun. La Russie, de son côté, évoque un acte « à la limite de la piraterie internationale ».
Le navire, baptisé Tagor, a été arraisonné à plus de 740 kilomètres à l’ouest de la Bretagne par la Marine française. Selon les autorités françaises, le pétrolier est soupçonné d’avoir navigué sous de faux pavillons afin de dissimuler son identité et de contourner les sanctions visant les exportations de pétrole russe et iranien.
Dans un message publié sur le réseau social X, le président français Emmanuel Macron dénonce les tentatives de contournement des sanctions internationales. “Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine”, déclare-t-il, affirmant que la lutte contre la “flotte fantôme” russe demeure une priorité pour la France.
Le Tagor provenait du port russe de Mourmansk et se dirigeait vers Limbé, au Cameroun. Les autorités françaises indiquent que le navire affichait alors un pavillon camerounais dont l’authenticité était mise en doute. En vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Marine française a procédé à une inspection du bâtiment.
Selon le parquet français, le capitaine du navire, qui s’est présenté comme de nationalité russe, aurait refusé à plusieurs reprises d’obtempérer aux injonctions de la Marine nationale. Une enquête a été ouverte pour non-justification de nationalité du navire, défaut de pavillon et refus d’obtempérer.
Le pétrolier transporte un équipage de 23 personnes. Il a été escorté vers une zone de mouillage afin de poursuivre les vérifications administratives et judiciaires. Il figure déjà sur plusieurs listes de sanctions, notamment celles des États-Unis, de l’Union européenne et du Royaume-Uni.
« Nous considérons ces actions comme illégales, à la limite de la piraterie internationale », réagit lundi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point presse quotidien. Il ajoute que « la Russie prend des mesures pour garantir la sécurité de ses cargos ».
Cette interception est la quatrième menée par la France contre un navire présenté comme appartenant à la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les sanctions occidentales contre la Russie. Les précédentes opérations avaient concerné les pétroliers Boracay, Grinch et Deyna entre septembre 2025 et mars 2026.
Face à la multiplication de ces pratiques, la France a annoncé en avril dernier son intention de renforcer les sanctions pénales applicables aux navires naviguant sans pavillon valide ou refusant les contrôles en mer.













