La lutte contre le travail des enfants passe aussi par l’amélioration des conditions de travail et des revenus des adultes. C’est l’un des principaux constats mis en avant vendredi à Anosy, lors de la célébration nationale de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée chaque année le 12 juin. “La place de l’enfant est à l’école et non au travail”, ont plusieurs fois rappelé les participants aux échanges organisés dans la grande salle du ministère des Affaires étrangères.
Les échanges ont alors particulièrement insisté sur le lien entre travail décent des adultes, revenus des ménages et protection des enfants. L’accès des parents à des emplois stables et correctement rémunérés peut réduire la nécessité de faire travailler les enfants et favoriser leur maintien à l’école. “Lorsque les adultes disposent d’un travail décent et de revenus suffisants, le recours au travail des enfants peut diminuer, car les parents ont davantage les moyens de maintenir leurs enfants à l’école”, a souligné la représentante des travailleurs présente à la rencontre.
Le ministre du Travail, de l’emploi et de la fonction publique, Franconio Denis Mac, a également établi ce lien avec les mesures sociales et économiques mises en œuvre par l’État. Selon lui, l’amélioration des conditions sociales et du pouvoir d’achat contribue à prévenir le travail des enfants. L’augmentation du salaire minimum dans le secteur privé fait partie des mesures citées par le ministre. L’amélioration des rémunérations et des indemnités des agents publics, ainsi que la promotion de l’emploi pour les personnes qui ne sont intégrées ni dans la fonction publique ni dans le secteur privé, figurent également parmi les actions évoquées. “Lorsque les conditions sociales à Madagascar seront améliorées, le travail des enfants disparaîtra de lui-même”, a déclaré le ministre.
Les acteurs présents à la commémoration ont toutefois souligné que l’amélioration des revenus des ménages ne peut constituer à elle seule une réponse au phénomène. La lutte contre le travail des enfants nécessite également des mesures en matière d’éducation, de protection sociale, de contrôle du travail et de prise en charge des enfants exposés aux activités dangereuses.
À Madagascar, la pauvreté, les inégalités, l’exclusion scolaire, la vulnérabilité des ménages et l’insuffisance de la protection sociale figurent parmi les facteurs qui peuvent pousser des enfants à travailler. Selon les données de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) 2025, un enfant sur quatre est concerné par le travail. Parmi les enfants qui travaillent, un sur quatre exerce une activité dangereuse, notamment dans les secteurs minier et touristique.
À l’échelle mondiale, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 138 millions le nombre d’enfants concernés par le travail, dont 54 % sont exposés à des activités dangereuses pour leur santé. L’Afrique subsaharienne reste particulièrement touchée par le phénomène. L’objectif international d’éliminer le travail des enfants d’ici 2025 n’ayant pas été atteint, les efforts devront être renforcés au cours des prochaines années.















