Voilà bientôt 40 ans, le 12 novembre 1979, le Représentant permanent de Madagascar auprès de l’ONU demandait au Secrétaire Général l’inscription à l’ordre du jour de la 34ème session de l’Assemblée Générale «la question des îles malgaches Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India». Et, depuis sa 36ème session, l’Assemblée Générale inscrit régulièrement cette question des îles malgaches à son ordre du jour provisoire. L’Assemblée Générale en sera bientôt à sa 75ème session.
Ces quarante ans, c’est exactement le temps écoulé depuis la «jurisprudence malgache» de 1979, conclue par la Résolution A/RES/34/91 du 12 décembre 1979 : «Invite le Gouvernement français à entamer sans plus tarder des négociations avec le Gouvernement malgache en vue de la réintégration des îles précitées, qui ont été arbitrairement séparées de Madagascar ; Demande au Gouvernement français de rapporter les mesures portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de Madagascar et de s’abstenir d’en prendre d’autres qui auraient le même effet».
L’argumentaire malgache relevait les contradictions dans la position française : «La France, jusqu’en 1960, n’a cessé de confirmer l’unité organique de Madagascar et de ces îles, consacrée juridiquement par la loi d’annexion du 6 août 1896, déclarant «Madagascar et les îles qui en dépendent» colonie française et réaffirmée par les décrets du 9 septembre 1899, du 8 avril 1908 et du 23 février 1918 pour l’archipel des Glorieuses, par les arrêtés du 21 novembre 1921 et du 16 juin 1932 pour Juan de Nova et par l’arrêté du 20 décembre 1949 pour Europa».
Le droit international, c’est cette résolution onusienne 34/91 de 1979 dont on s’empresse de préciser qu’elle n’a pas valeur contraignante. Mais, du droit international, on sait ce qu’il en a toujours advenu : selon qu’on soit du bon ou du mauvais côté d’un Traité (Vienne 1815, Versailles 1919, Yalta 1945…), selon qu’on soit Turc ou Kurde, selon qu’on soit Britannique ou Mauricien, selon qu’on soit Français ou Malgache.
L’autre 23 octobre 2019, s’ouvrait à Sotchi, le premier Sommet Russie-Afrique/Océan Indien (tout comme nommer «les îles malgaches», c’est se les approprier, protester de l’Indianocéanie devient une posture insulaire existentielle). La Russie s’était abstenue lors du vote de la Résolution du 22 juin 2017, proposée par l’île Maurice pour faire également de la question de Chagos une affaire de décolonisation inachevée. Mais, l’intérêt manifeste de deux membres permanents du Conseil de Sécurité, la Chine (inauguré en 2000, le Forum Chine-Afrique/Océan Indien en est à sa huitième édition) et la Russie, pour cette région du monde, doit être encouragé par une posture autochtone «sans exclusive, ni exclusivité».














