«Le cimetière aux fœtus» : racontée par TV5, cette histoire d’une mère de six enfants qui aurait recouru à huit avortements clandestins pour ne plus avoir d’autres enfants.
Nous sommes en 2019, mais en 2017, le Parlement avait encore refusé la légalisation de l’avortement qui se pratique néanmoins aux risques et périls de la femme qui ne peut recourir aux services d’un hôpital professionnel. La visite du Pape François est l’occasion d’interroger «L’Église dans le monde de ce temps», pour reprendre l’intitulé d’une Constitution pastorale promulguée le 7 décembre 1965, un des seize documents du Concile Vatican II.
Dans quel monde de quel temps continue-t-on de mettre sur le même plan «le génocide, l’avortement, l’euthanasie, le suicide» (L’Église dans le monde de ce temps, Première Partie, Chapitre 2, Paragraphe 27) ? Dans quel monde de quel temps continue-t-on d’exhorter les époux à une «fécondité généreuse» (Deuxième Partie, Chapitre 1, Paragraphe 48.4) ? L’Église catholique invite ses fidèles à «sans cesse agrandir et enrichir» la famille (Deuxième Partie, Chapitre 1, Paragraphe 50) comme au monde et le temps de la Genèse : «Soyez féconds et multipliez-vous» (Gen. 1, 28)…
«En ce qui concerne la régulation des naissances, il n’est pas permis aux enfants de l’Église d’emprunter des voies que le Magistère, dans l’explication de la loi divine, désapprouve» (Deuxième Partie, Chapitre 1, Paragraphe 51.3) : les évêques malgaches feraient œuvre utile de bon sens en entretenant le Pape d’une question déjà évoquée par ses prédécesseurs Pie XI (en 1930) et Pie XII (en 1951). Nous sommes en 2019, et dans un besoin urgent d’aggiornamento.
Entre les lignes implacables du dogme, des ouvertures semblent néanmoins avoir été aménagées : «Les spécialistes des sciences, notamment biologiques, médicales, sociales et psychologiques, peuvent beaucoup pour la paix des consciences si, par l’apport convergent de leurs études, ils s’appliquent à tirer davantage au clair les diverses conditions favorisant une saine régulation de la procréation humaine» (Deuxième Partie, Chapitre 1, Paragraphe 52.4).
Ou en Deuxième Partie, Chapitre 5, Paragraphe 87.3 : «en vertu du droit inaliénable de l’homme au mariage et à la procréation, la décision relative au nombre d’enfants à mettre au monde dépend du jugement droit des parents et ne peut en aucune façon être laissée à la discrétion de l’autorité publique. Mais, comme la décision des parents suppose une conscience bien formée, il est très important de permettre à tous d’accéder à un niveau de responsabilité conforme à la morale et vraiment humain qui, sans négliger l’ensemble des circonstances tienne compte de la loi divine. Cela suppose, un peu partout, une amélioration des conditions pédagogiques et des conditions sociales et, en tout premier lieu, la possibilité d’une formation religieuse ou, à tout le moins, d’une éducation morale sans faille. Il faut, en outre, que les populations soient judicieusement informées des progrès scientifiques réalisés dans la recherche de méthodes qui peuvent aider les époux en matière de régulation des naissances, lorsque la valeur de ses méthodes est bien établie et leur accord avec la morale, chose certaine».
Que les évêques et les prêtres inculquent dans les mentalités, «pour la paix des consciences», les progrès scientifiques réalisés dans la recherche de méthodes qui peuvent aider en matière de régulation des naissances. Et quelle meilleure tribune, pour «l’amélioration des conditions pédagogiques», que le rendez-vous hebdomadaire du dimanche ? L’Église a déjà reconnu qu’elle doit «continuellement apprendre de l’expérience des siècles» (Première Partie, Chapitre 4, Paragraphe 43.6). Espérons.














