Le Japon est le pays du Bushido, le code d’honneur samouraï. Un ressort moral qui l’a fait se relever de deux bombes atomiques (Hiroshima et Nagasaki) pour devenir le premier constructeur automobile mondial : l’arbre Toyota ne cache pas la forêt Mitsubishi, Nissan, Mazda, Suzuki, Daihatsu, Subaru, Isuzu, Lexus, Infiniti.
Première nation non occidentale à s’industrialiser dès le XIXème siècle, le Japon est aujourd’hui un géant industriel doublé d’une grande puissance économique. Mais, le Japon est-il également éminemment démocratique ? Et, déjà, à l’aune de quelles valeurs répondre à cette question : celles de la philosophie bouddhiste, de la morale confucéenne, de l’éthique shintoïste ou celles des codes européens ?
Le système judiciaire japonais serait inspiré par le vieux droit prussien de 1887. Quand Nissan prétend que la fuite de Carlos Ghosn baffoue la justice japonaise, c’est justement cette justice dite de l’otage, où une garde à vue peut se prolonger indéfiniment sans l’assistance d’un avocat et jusqu’à l’obtention d’aveux, qui est aujourd’hui questionné. Dans sa démarche Meiji (ouverture au modèle européen de l’ère Meiji, 1868-1912), le Japon aurait-il oublié quelques «artifices» occidentaux : droits de la défense, présomption d’innocence, non bis in idem ?
Poursuivi pour «dissimulation de promesse de revenus différés» et «abus de confiance aggravée», Carlos Ghosn avait déjà été incarcéré 130 jours au mépris de la présomption d’innocence. Ayant toujours dénoncé un «complot» orchestré par Nissan, l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan a tout de suite déclaré à son arrivée au Liban ne pas s’être soustrait à la Justice, mais avoir échappé à l’injustice. Il a notamment critiqué «un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité».
La justice japonaise bafouée ? Certains commentaires moqueurs parlent de katana affûtés en attendant que les responsables de ce fiasco qui ridiculise le Japon se fassent sepuku.














