«Relations intimes inappropriées» suivies d’excuses trente ou quarante ans après. La femme concernée avait 15 ans à l’époque des faits, tandis que l’adulte accusé de viol allait sur ses 32 ans. Cas malheureusement «classique» d’abus sexuel que favorise un milieu sportif, artistique, ecclésiastique, médical, universitaire, etc., où l’homme généralement plus âgé exerce un ascendant sur sa jeune victime. La communication des organismes qui luttent contre ces agressions devrait insister sur une image : ne pas présenter l’homme en question dans la respectabilité de son costume-cravate surmonté des cheveux blancs de la soixantaine, mais bien le caricaturer en brute en rut, faisant usage de violences physiques, d’intimidations morales, d’adjuvants psychotropes.
Il est trop facile pour un violeur de se présenter, trente ou quarante ans plus tard, en vieillard digne et de santé fragile. Le déambulateur de service, la chaise roulante d’office, voire un malaise cardiaque fort à propos, ne doivent jamais faire oublier la brute menaçante, vociférante, violente, en pleine possession de ses moyens physiques décuplés par la testostérone adrénalinée.
À une époque, j’avais pu penser qu’il était trop tard et dérisoire de juger d’anciens tortionnaires et assassins SS des camps de concentration ou des commandos de la mort. J’avais tort. La loi peut prescrire des faits, mais la monstruosité et la barbarie sont imprescriptibles. J’avais tort encore parce que, finalement, la méthode «plutôt mort que vif» des commandos du Mossad, partis à la traque des Eichmann (capturé en Argentine en 1960 et pendu en Israël deux ans plus tard) ou des Mengele (le livre d’Olivier Guez, «La disparition de Josef Mengele», Prix Renaudot 2017, pourrait incliner à de la sympathie pour L’ange de la mort d’Auschwitz devenu un vieillard en cavale permanente et qui ne fut jamais capturé), était la bonne.
La honte et la peur doivent changer de camp. Les faux notables mais vrais abuseurs sexuels, réfugiés dans des fonctions qui ne les intéressent que pour l’immunité très officielle qu’elles leur assurent, doivent être débusquées et condamnées à la mort sociale avec interdiction d’accès à la tombe des ancêtres.














