La Ville des Mille ne se fera pas en un jour. Pas après cinquante ans d’anarchie méthodiquement organisée.
Le nouveau Maire Naina Andriantsitohaina a hérité d’une situation pire que catastrophique : cauchemardesque. Sa volonté de rétablir les fondamentaux de l’ordre, de l’hygiène, de l’organisation, est heureusement rejointe par une forte majorité de Tananariviens, un pourcentage au pif sans commune mesure avec la désaffection électorale et la « kolossale » abstention.
Être Antananarivien en 2020, c’est vouloir de l’ordre, de la propreté, de l’organisation. À ce désir d’ordre, de propreté, d’organisation, il ne peut y avoir d’opposition que mortifère et assassine de l’image, du prestige et de l’identité d’Antananarivo.
Le laisser-faire/laisser-aller a défiguré l’architecture caractéristique qui fait l’identité visuelle d’Antananarivo. Le même laisser-faire/laisser-aller a laissé penser à certaines personnes qu’elles pouvaient indûment s’approprier les jardins publics (Antaninarenina), des terrains domaniaux (Nanisana), voire des sites historiques (Antsahatsiroa). C’est toujours ce laisser-faire/laisser-aller qui a abouti à la désorganisation de l’espace public, au trouble des valeurs, à la mise en danger du vouloir vivre ensemble.
La pire atteinte que ce laisser-faire/laisser-aller a commis contre Antananarivo, c’est le pourrissement des mentalités. Parce que la meilleure gardienne, la plus efficace des polices, dans la protection des acquis de chaque jour, qui se mesure en mètre de trottoir libéré, en nombre de marchands qui rejoignent les marchés dédiés, en groupes d’automobilistes qui cèdent la priorité aux passages piétons, reste la mentalité.
C’est dans la mentalité collective, dans la tête de chacun des Antananariviens, que commence et se gagnera la lutte contre les cinquante dernières années de laisser-faire/laisser-aller pour le pire.














