François (82 ans) et Pedro (71 ans) qui se retrouvent comme deux vieux potes. Ce qu’ils étaient apparemment si tant est qu’on peut devenir pote avec son prof de littérature en séminaire. Mais, l’image, forte, très forte, a vite fait le tour des réseaux sociaux.
Il s’en dégageait un je-ne-sais-quoi qui ressemblait à de l’authenticité. Leur Argentine commune, c’est loin, très loin. Les années de séminaire, c’est loin, bien loin. Mais, ça doit faire quelque chose de revoir un «pays» dans ces circonstances exceptionnelles : l’un Pape, chef suprême de l’Église catholique ; l’autre, prêtre, fondateur et héros de cette oeuvre caritative dont on avait pu dire qu’elle le nominerait au Nobel de la Paix.
Cette image simple, mais tellement vraie, c’était plus que la visite du Pape en chef d’État, avec tout le protocole guindé autour ; plus que la visite d’un chef religieux avec l’effeverscence frénétique de tous ceux qui voulaient l’apercevoir, lui serrer la main, recevoir sa bénédiction. Dans notre chauvinisme insulaire, l’image forte de cette tournée apostolique, Mozambique, Madagascar, Maurice, ne peut être que celle-ci, qui réunit en un seul cliché les trois héros du jour : le Pape, le Père et la Karenjy déguisée en papamobile.
C’était le moment ou jamais d’aimer un peu cette voiture si «particulière». Oui, le «Made in Madagascar» ne fait pas tout. Surtout, quand malheureusement trop souvent, il n’y a pas de miracle entre le «Vita Malagasy» majuscule et le «vita gasy» en bas de casse. Celle-ci ira au musée, rejoindre la papamobile de Jean-Paul II : de leurs autres congénères, certaines auront l’heur d’un post RSE sur Facebook, aux couleurs d’une multinationale, d’une Fondation, d’un club de service ; plus rares seront celles dont le pare-brise arborera la très officielle cocarde du drapeau malgache.
Il en existe pourtant, le drapeau malgache sur la plaque faisant foi de leur immatriculation à la marine (R 1555 A) ou à l’armée de terre (T 1467). La charrette à zébus de la famille Poussin avait été escortée par un petit convoi de Karenjy, l’ambassade de France en a acheté, la Nonciature a embarqué le Pape à son bord : tous les PRMP (personnes responsables des marchés publics) devraient culpabiliser ! 2.270.000 ariary par mois, en 36 loyers après un premier paiement de 15.360.000 ariary…
En attendant une version «Karenjy-Cruiser/Runner/Rover», cette version découvrable, sans son toit et la malle arrière rapportée, ferait un original command-car. Des jantes alu par-là, des élargisseurs de voies par-ci, des extensions d’ailes en-sus : de quoi donner des envies de la customiser.














