Le mur d’Hadrien, construit en l’an 122 au temps de l’empire romain et long de 117 kilomètres, redevenait une frontière de facto entre l’Angleterre et le Pays de Galles qui avaient voté pour le Brexit tandis que l’Irlande du Nord et l’Écosse avaient refusé de quitter l’Union Européenne. Juin 2016 – décembre 2019 : trois ans de tergiversations. Ou comment, avec toutes les apparences de la démocratie, spolier le OUI au Brexit de sa victoire au référendum.
Ce référendum sur le Brexti peut en cacher un autre : celui que l’Écosse réclame pour gagner son indépendance. Ils étaient 62% en Écosse contre le Brexit en 2016. Ce 12 décembre 2019, les Écossais ont plébiscité le Scottish National Party en lui accordant 48 des 59 sièges en Écosse : la Première Ministre écossaise Nicola Sturgeon, également cheffe du parti national écossais indépendantiste, revendique pour les Écossais le droit à un référendum d’autodétermination. En septembre 2014, un précédent référendum avait décidé, par 55,3% contre 44,7%, de rester dans le cadre de l’acte d’union de 1701. Un premier référendum, dit de dévolution et qui devait créer le Parlement écossais, avait échoué le 1er mars 1979. C’est le second référendum du 11 septembre 1997 qui permit à l’Écosse d’avoir une large autonomie avec son propre gouvernement et son Parlement.
Ils étaient 56% en Irlande du Nord contre le Brexit. Ce 12 septembre 2019, les nationalistes favorables à la réunification de l’Irlande ont gagné la majorité des sièges, 9 contre 8 au parti unioniste qui défend le rattachement au Royaume-Uni. La frontière est aussi religieuse, la majorité protestante étant pour l’union avec la Grande-Bretagne tandis que les catholiques désirent le rattachement à la République d’Irlande, proclamée en 1948 et qui a succédé à l’État libre d’Irlande créé en 1922.
La logique particulariste derrière le Brexit, si elle devait être épuisée, devrait autoriser l’expression des particularismes intérieurs : écossais, irlandais, gallois. Voire gibraltarien. Le territoire de Gibraltar, dont l’Espagne revendique la rétrocession depuis 1960, et qui figure sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, a également voté massivement pour rester dans l’Europe : on se demande quel serait le choix d’un autre référendum d’auto-détermination après celui du 10 septembre 1967 par lequel les habitants de Gibraltar avaient voté pour rester sous souveraineté britannique. Le Royaume-Uni porte de moins en moins bien son nom.














