Ce 29 mai 2019, la question des îles malgaches devenait une affaire présidentielle. À l’issue de leur rencontre, les présidents français et malgache tinrent une conférence de presse commune dont le contenu mérite d’être rappelé.
Le président malgache a ainsi, et pour la première fois, formulé publiquement et dans un face-à-face qui ne fut pas un tête-à-tête, une demande qui a toujours été exprimée dans la discrétion d’un tour de table (révision des accords de coopération en juin 1973), par le silence très officiel d’un télégramme diplomatique (du Ministre des Affaires étrangères au Secrétaire général des Nations Unies, février 1976), via la procédure désincarnée à l’Assemblée Générale de l’ONU (résolution 34/91 du 12 décembre 1979 nommant les îles malgaches), ou dans les apartés plus ou moins officiels entre techniciens et hauts fonctionnaires.
Andry Rajoelina a parlé à son homologue français, et tous les Malgaches en furent témoins : «Pour le peuple malagasy, l’appartenance des îles éparses est une question d’identité nationale. En mon personnel et au nom des 25 millions de Malagasy, je demande solennellement et officiellement de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles éparses à Madagascar».
De son côté, le président français a reconnu que sur ce sujet («des îles éparses»), «on a eu une discussion très franche et très directe : ma volonté est que nous ayons de manière partenariale, un vrai dialogue et un travail politique pour aboutir à une solution commune (…) Un sujet qui méritait mieux que les recours juridictionnels, les contentieux et les mauvais débats».
Emmanuel Macron a ensuite annoncé une date, le 26 juin 2020, commémoration du retour de l’indépendance de Madagascar, pour l’aboutissement de ce «travail conjoint (vers des) perspectives communes de développement». Là, aussi, tout le monde a entendu.
Au-delà des «halako bika tsy tiako tarehy», si on a envie que la question des îles malgaches (terminologie onusienne que fait sienne Madagascar) devienne véritablement une question d’identité nationale, il faut considérer cet échange entre les deux présidents de la République comme la meilleure «base légale» possible. La virulence de certains propos comme l’extrémisme de certaines postures sans oublier le manichéisme de certaines subjectivités, nourrissent de «mauvais débats». En matière d’opinion publique, on peut craindre que tout ce qui est excessif ne devienne pas toujours insignifiant.














