Un kangourou : c’est la silhouette que le Boeing 747-438, immatriculé VH-OEJ, dessina
dans le ciel au-dessus du Pacifique, ce 22 juillet 2020. Auparavant, pour dire adieu à
l’Australie, il avait survolé deux fois la baie de Sydney avant de mettre le cap sur Los
Angeles. Au terme de son vraiment ultime vol, le 24 juillet 2020, il rejoignit six de ses
«compatriotes» déjà abandonnés dans le désert du Mojave. Pour le symbole, VH-OEJ a
été confié à deux pilotes qui allaient ensuite partir à la retraite. Pour les B747 de Qantas,
après 49 ans de bons et loyaux services, ils seront livrés au climat désertique, qu’en un
ultime cynisme, on dit clément contre la rouille.
Neuf mois auparavant, le 3 novembre 2019, le vol LY1747 Rome-Tel Aviv, fut le tout
dernier d’un Boeing 747 aux couleurs de la compagnie israélienne El Al. Au-dessus de la
Méditerranée, le 4X-ELC avait tracé dans le ciel, et sur les radars, son contour de quadri-
réacteur.
En janvier 2016, pour l’adieu à ses Boeing 747, Air France, qui avait pu en compter 74
dans sa flotte, avait vendu en deux heures 600 places proposées à 220 euros, à bord de
deux vols commémoratifs.
Pour un autre avion icônique, le Concorde, plutôt que de rouiller dans le désert ou de
partir en pièces détachées, il trône dans des musées : quatre en Grande-Bretagne (Fleet
Air Arm Museum, Imperial War Museum, Brooklands Museum, Museum of Flight), deux en
France (Musée de l’air et de l’espace, Musée Aeroscopia), trois aux États-Unis (National
Air and Space Museum de Virginie, Museum of Flight de Seattle, Sea Air-Space Museum
de New York), un en Allemagne (Auto und Technik Museum) et même le petit État de
Barbade qui a tenu à en conserver un sur son sol.
L’unique Boeing 747 d’Air Madagascar quitta Ivato sans crier gare. Malgré 21 ans de
service sans anicroche, 5R-MFT n’eut pas droit à son vol commémoratif : «Lasa tsy natao
veloma». Et dire qu’il aurait pu inaugurer un musée aéronautique à Arivonimamo.














