Au carrefour Ankerana-Nanisana, Sogea-Satom élève une butte dont la terre a été
arrachée aux collines qui ont structuré l’étymologie même du mot Imerina. À force de
remblais, le BTP «moderne» transformera notre «capitale montagnarde en pays tropical»
(selon le mot du géographe Charles Robequain) en plat pays qui n’est pas le mien.
Ramenées à l’échelle des collines dénaturées, les dimensions de cette rocade Bypass-
Soamanandrariny-Masay sont tragiques : 8 km 200 de long, 12 mètres de large, des
remblais d’une hauteur de 6 m 50. Ça en fait des mètres cubes !
Et dire qu’ailleurs, on sait faire des ponts. La China Road and Bridge Corporation a
construit la ligne ferroviaire Pékin-Shanghai (1318 km), qui emprunte deux des plus longs
ponts du monde : 164 km et 114 km. Autre méga-superstructure en Chine, le HZMB (Hong
Kong – Zuhai – Macao Bridge) qui, avec 55 km, est le plus long pont maritime au monde :
le pont principal à haubans fait 22,9 km et à Hong Kong, le HZMB se termine par une
autoroute sur pilotis, longue de 9,4 km.
«On peut regretter que cette expertise du génie civil chinois n’ait pas été mis à profit pour
élever sur pilotis les rocades, bypass et autoroutes du Grand Tana : auraient été conciliés
le côté pratique automobile et la sauvegarde des zones humides sans oublier la
préservation des collines caractéristiques («Le rail avance (enfin)», Chronique VANF,
L’Express de Madagascar, 5 septembre 2018).
Les lignes ferroviaires Antananarivo-Brickaville (1909), Brickaville-Tamatave (1913),
Moramanga-Lac Alaotra (1915), Antananarivo-Antsirabe (1923) et Fianarantsoa-Manakara
(1936), sont toutes oeuvres de la colonisation. Quatre ans après «Adieu, Laniera»
(Chronique VANF, 26 mars 2016), je rêve toujours de ce viaduc par-dessus les rizières et
les lacs (Chronique VANF, 22 avril 2016) que revendiquerait enfin la République
malgache.














