La «World Ranger Day» célèbre, chaque 31 juillet, la mémoire des «Soldats de la Nature»
tués ou blessés dans leur mission de protection de l’environnement : trois membres d’une
patrouille forestière tués dans une embuscade tendue par des trafiquants de bois
(Cambodge, janvier 2018) ; un garde forestier tué alors que sa patrouille avait été
attaquée à la mitrailleuse lourde et au lance-roquette (Burkina Faso, mai 2019) ; un
militant indigène de la tribu des Guajajara et leader du groupe de défense de l’Amazonie
tué par des bûcherons illégaux (Brésil, novembre 2019).
Mais, que faire de ces «Soldats de la Nature» : des gardes-forestiers armés d’un ridicule
carnet de contravention ou des troupes formées militairement à combattre des braconniers
armés par les pilleurs de bois de rose et les exportateurs de tortues radiata ? Rappelez-
vous, c’était le 13 mars 2020 : la réserve spéciale de Kalambatritra était aux mains de la
mafia locale depuis 2009, et il avait fallu la descente manu militari du Premier Ministre,
avec l’appui de la Gendarmerie, pour de nouveau en permettre l’accès.
Destruction de forêt pour la consommation industrielle dans l’Amoron’i Mania et la Haute-
Matsiatra ; disparition de la forêt autour du lac d’Andraikiba ; charbonnage de 200
hectares de forêt de palétuviers dans le district d’Ambanja ; décapitation de tout le bois
atour du lac de Mantasoa (source : MEDD)…
Démocratiser le gaz domestique, criminaliser le charbonnage et le recel de charbon : las,
une sensibilisation permanente n’aura toujours pas suffi à faire comprendre qu’on ne
défriche pas une aire protégée pour y faire du riz ou y planter du maïs. On sait que la
pression humaine constitue la principale menace contre nos forêts. La question
démographique viendra, tôt ou tard, bon gré ou mal gré, à être sérieusement abordée si
on veut préserver la Nature.














