Les herboristes traditionnels malgaches connaissaient chez le «Vonenina», la Pervenche de Madagascar ou Catharanthus roseus, la vertu anti-homamiadana, le cancer, cette maladie qui ronge très lentement. Sur leurs indications, Robert Noble et Charles Beer, deux chercheurs canadiens, allaient isoler les molécules Vinblastine et Vincristine, anti-cancéreuses et anti-leucémiques. C’était en 1958-1965. L’exploitation de la Vinorelbine (cancer du poumon, des seins, de la prostate) et de la Vinflunine (cancer uretère, vessie) soulève la question de la «bio-piraterie» sachant que Madagascar n’a rien obtenu sur les millions de dollars reçus par le laboratoire américain Eli Lilly, qui en avait déposé le brevet.
Pourtant, des Ravintsara au Mandravasarotra, du Satrikoazamaratra au Talapetraka, du Vonenina au Rotra, les plantes médicinales malgaches sont mondialement connues pour leurs vertus immunitaires ou curatives. Les HE (huiles essentielles), arborant l’origine Madagascar comme certificat de Bio, abondent à l’international. Alors, quand le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat reçoit un don d’huiles essentielles de la part de l’association des exportateurs d’HE, je me demande ce qu’il faudrait d’action-communication pour créer une masse critique de prescripteurs et d’utilisateurs locaux.
En cette saison, on dénombre seize cas de paludisme par semaine à l’hôpital de Betroka ; tandis que cinq personnes par jour sont soignées du paludisme à Farafangana : des chiffres qu’on suppose en deçà de la réalité puisque les malades du paludisme évitent sans doute les hôpitaux par peur du coronavirus. C’est justement le moment que choisit la FIASTRAMA, association des tradipraticiens, dont le siège social est à Farafangana, pour se manifester. Une telle association devrait être mise à contribution pour l’inventaire (avant Recherche & Développement) des remèdes traditionnels contre le paludisme dont ses membres ont connaissance et savoir.
Le Chef d’État-major de l’Armée a reçu un don de moustiquaires de la part de l’attaché de Défense de l’ambassade des États-Unis : un jour, l’IMRA, par exemple, bénéficiant d’un soutien politique et logistique égal à celui qu’offre l’USAID à cette initiative diplomatique, pourrait doter les régiments militaires, les centres de santé de base et les circonscriptions scolaires, en «Remède Traditionnel Amélioré» à base d’Artemisia, dont on sait depuis la médecine traditionnelle chinoise l’action anti-paludéenne.
En Artemisia ou en Tazopsine : un autre remède traditionnel amélioré contre le paludisme, agissant au stade hépatique de la maladie. Sa validation scientifique, en 2003, fut l’œuvre conjointe de l’IMRA, de l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale, France) et du Museum d’histoire naturelle de Paris.
La méconnaissance, la méfiance sinon le mépris, envers les médicaments à base de plantes médicinales seront en partie levés au prix de la mise sur le marché de «Remèdes Traditionnels Améliorés» dûment étiquetés selon les règles de la pharmaco-vigilance : traçabilité, indications, contre-indications, précautions d’emploi, posologie, effets indésirables. Et un packaging définitivement moins bricolé.














