«They created a rechargeable world» : John Goodenough (physicien américain, né en 1922), Stanley Whittingham (chimiste anglais, né en 1941) et Akira Yoshino (chimiste japonais, né en 1948), ont donc créé un monde rechargeable depuis les téléphones mobiles jusqu’aux véhicules électriques en passant par les ordinateurs portables.
La trouvaille de la batterie Lithium-ion aura préparé une Humanité sans fil ni fuel. Mais laisse en suspens les difficultés à recycler proprement le nickel et le cobalt contenus dans les batteries Li-ion.
Goodenough, Whittingham Yoshino : récompensés du Prix Nobel 2019 de chimie, au moment même où leur invention risque d’apparaître obsolète au vu d’une autre technologie, moins coûteuse à produire, moins encombrante et cependant plus autonome, surtout moins problématique à recycler : la batterie Aluminium-air, qui fait à la planète l’économie d’une pollution collatérale par le nickel et le cobalt usagés.
En 2014, le lundi de la semaine du Grand Prix de Formule 1, la start-up israélien Phinergy, en collaboration avec la société américaine Alcoa (Aluminium Company of America) et Hydro-Québec, avait lancé sur le circuit Gilles Villeneuve, une Citroën C1 électrique fonctionnant non avec des batteries au Lithium-ion, mais avec une batterie à l’Aluminium-air. Cinq ans plus tard, le géant pétrolier Indian Oil décide de financer l’usine où Phinergy fabriquera ses batteries Alu-air en Inde.
Recherches et Développement : ces mots n’auront jamais eu autant de sens qu’à chaque révolution scientifique obligatoire. La transition vers l’automobile électrique a été fixée pour l’ensemble des pays européens à 2040, contraignant les constructeurs (les groupes Volkswagen et PSA-Fiat-Chrysler sont européens) à faire davantage que l’alibi écologique d’un modèle hybride allégeant une gamme riche en V6 turbo-diesel et autres six cylindres essence.
Que le Lithium-ion semble aujourd’hui sur le point d’être supplanté par l’Aluminium-air n’annonce rien de définitif. Tesla serait en train de développer une batterie à base de graphène promettant 90% encore de capacité au bout de 1000 cycles de recharges rapides pour une autonomie de 800 km.
Le thermique est bientôt mort, vive l’électrique. Mais, lequel ? La Pile zinc-air (NantEnergy : moitié moins chère que le Li-ion) ou la pile à électrolyte solide (par Innolith : 50.000 cycles de recharge contre 1000 au Li-ion) ? En 1969, les travaux sur le Li-ion avaient été financés par le pétrolier Exxon, pour anticiper la crise du pétrole qui s’annonçait. Les pétroliers se refont une bonne conscience écologique en investissant dans les recherches sur les énergies renouvelables : faire aussi pratique, aussi accessible, aussi autonome, mais plus propre, que les moteurs essence ou diesel. Et surtout aussi grand public.














